• Dans la série je lis donc je bave, il était attendu et il ne m'a pas déçu, le dernier tome des Marshals de Mary Calmes, publié chez MxM Bookmark, semble clore avec panache une série au couple déjà culte.

     

    Liés à jamais, envers et contre tout: Marshals, T4 de Mary CalmesLe pitch:  Le marshal adjoint des États-Unis Miro Jones a finalement tout ce qu’il a toujours désiré : il est fou amoureux et marié à l’homme de ses rêves – son partenaire Ian Doyle –, il réussit dans son travail et tous ses amis sont eux aussi bien établis. Les choses sont toutes en place, bien comme il faut… jusqu’à ce qu’elles ne le soient plus.

    Le changement n’a jamais été facile pour Miro et lorsque plusieurs situations au travail contraignent son équipe à se scinder et, pire encore, lorsque les qualités individuelles d’Ian et les siennes les orientent sur des chemins différents, il est persuadé que tout vient de partir en fumée. Cependant, avant même qu’il puisse s’inquiéter de l’avenir, son passé vient lui rendre une petite visite, ébranlant son monde davantage encore. Décider de la bonne route à emprunter n’est pas une décision facile, mais alors qu’il apprend que certains chemins sont façonnés et d’autres encore inexploités, son choix semble être le bon, après tout. S’il parvient à éviter tous les rebondissements, alors peut-être qu’Ian et lui pourront enfin vivre heureux jusqu’à la fin de leurs jours

     

                                                                         * * * * *

    Un tome de conclusion donc qui ne fait pas défaut à ses prédécesseurs avec une fois de plus la suite enivrante des amours de Ian et Miro.

    Si le dernier tome était un peu brouillon celui-ci est sous le jour plus précis et introspectif des questions futures et de la pérennité des choses. Plus que la relation entre nos deux marshals c'est tout leur univers qui se voit chamboulé, bousculé et remis en cause. On y retrouve toujours avec le même plaisir Miro et Ian, leurs collègues de travail, les amies de Miro heureusement toujours présentes pour lui, les différents personnages qu'ils ont pu croiser au cours de leurs aventures et bien évidemment le "prince charmant" qui ne peut s’empêcher de resurgir dans sa vie. Le tout est toujours à l'unisson de l'ambiance créée auparavant avec un monde de beaux hommes par paires qui sont tous toujours aussi parfaits comme si la laideur ou simplement la normalité ne faisaient pas partie de ce dit monde, des dialogues à rallonge comme seule l'auteure sait nous les faire accepter et de l'addiction, toujours plus d'addiction. Bref la formule  Mary calmes dans toute sa splendeur et en tant que fan (après tout c'est elle qui m'a fait basculer dans le mm) je dois dire que j’adhère complètement ! 

    On retrouve cette dynamique sensuelle du couple phare mais comme on le pressentait déjà dans les autres on devine que cette série était en fait plus l'histoire de Miro que du couple.  Si Miro est l’élément moteur de la série c'est tout de même grâce à Ian qu'il se réalise , lui donnant enfin la satisfaction d’être quelqu'un d'important au yeux d'un autre pour qu'enfin il se sente lui même être quelqu'un. Désormais uni à son partenaire dans tous les sens, Miro semble voir s'ouvrir devant lui un monde nouveau fait de possibilité et d'angoisses et c'est la sécurité des certitudes et de l'amour de Ian Doyle qui parachève leur histoire. Miro dévoué à tous depuis toujours, pris dans un amour indéfectible pour son partenaire et un besoin irrépressible de famille se retrouve désormais face à cette recherche inconsciente de parentalité et de fonction nourricière que Sam kage lui révèle malgré lui. De nouvelles perspectives, de nouveaux enjeux qui jonglent du travail à la vie privée ne les dissociant vraiment jamais et c'est cette fois la force de tout son entourage et leur appui qui porte littéralement notre mashal Jones. 

    C'est un tome plus sombre car on plonge encore un peu plus dans la psyché blessée du jeune Miro orphelin toujours bien tapi sous l’étoile du marshal et son rapport trouble à un certain serial killer, comme cette supposée soumission à son ancien béret vert, permettent au lecteur une approche plus sensible de l'homme et de ses failles. Brèches bien entendu largement comblées par l'attention d'un homme fougueux au possible, tendre et terriblement attachant par son petit coté enfant sauvage (ouiii les connaisseuses ont compris que je parlais de superIan) qui nous donne par la même occasion un véritable showroom de sensualité, de moments plus câlins et de petits aperçus de vie privée tellement touchant. C'est chaud, c'est torride (comme ça l'a toujours été d'ailleurs ) et va falloir sérieusement préparer vos mouchoirs (pas pour les larmes ...non non..pour la bave surtout croyez moi !).

    Un récit très équilibré, très rythmé qui livre une parfaite apogée d'une saga qui en un seul premier tome avait subjugué bon nombre de lectrices grâce à une dynamique toute propre a l’écriture de Mary calmes mêlée de moments complexes et d’échanges intimes où l'amitié prend autant de valeur sentimentale que l'amour. Une série dont les héros auront très vite fait de rejoindre le podium de Ty et Zane (on me dit dans l'oreillette que Ian est déjà en train de pousser pour se faire une place et que Miro lève les yeux au ciel # cestpasmignonca ) et que je vais quitter à regret (en réalité je songe au vaudou pour forcer l'auteure à nous les ramener !). Une saga terrible, intense et soignée jusqu'au bout de ses couvertures qui m'aura offert frisson, émotion et chaleur jusqu'à la dernière page ! 
    Nous sommes déjà nombreux et nombreuses à avoir craqué sur ce duo, à avoir pesté d'attendre entre chaque tome pour ensuite le dévorer ( à défaut de pouvoir s'attaquer directement à ces deux hommes hein!) en quelques heures effrénées comme de pauvres junkies et pour celles pour qui ce n'est pas encore le cas (oui j'en vois deux ou trois qui se planquent là-bas) je n'ai qu'un seul cri à pousser : mais bon dieu comment vous faites pour être aussi stoïques ?  Yop.

                                                                                   

    Liés à jamais, envers et contre tout: Marshals, T4 de Mary Calmes




    Vous le trouverez ici : Liés à jamais, envers et contre tout: Marshals, T4

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  • Une romance historique et instructive sur la rencontre d'un jeune Lord presque ruiné et un docker que rien ne prédestinait à séduire un bel aristocrate. Voila donc l'univers du Garçon du quai écrit par Anouchka Labonne et publié par les Editions Voy'el en Mars 2019.


    Le garçon du port d'  Anouchka LabonneLe pitch :

    Angleterre, 1872.

    Après la mort de son père, le jeune Lord William Kingsbury se retrouve contraint d’abandonner son manoir dans la campagne du Kent pour aller vivre à Londres.

    S’il a d’abord du mal à s’adapter à cette vie mondaine et citadine, il recevra l’aide d’un jeune homme d’affaires ambitieux qui l’aidera à se faire une place au sein de la bonne société londonienne.

    Mais sa rencontre avec un simple docker va bouleverser sa vision du monde et réveiller son désir d’indépendance.

     

     

                                                                     * * * *
    Une belle histoire, courte mais assez complète, où les mœurs d'un royaume britannique du XIX ème nous sont exposées à travers les découvertes amoureuses de William orphelin et infortuné depuis peu.
    N'ayant plus que son nom et une garçonnière (cossue tout de même la garçonnière ) en guise de biens, le jeune Lord Kingsbury déménage dans la capitale londonienne pour essayer d'y vivre son amour des arts littéraires. Très vite perdu dans les,mondanités  c'est une première rencontre avec un héritier d'homme d'affaires qui lui révèle sa véritable nature et son attrait pour les hommes. Edgar se dévoile assez vite comme une espèce de Darcy arrogant et intolérant, fort de sa condition de dominant pour écraser les autres. Ce contraste avec les premiers émois séducteurs permet au jeune lord de voir sa propre personnalité s’épanouir et se démarquer du milieu dans lequel il évolue pour peu à peu partir à la découverte d'un Londres plus coloré. 

    L’écriture est vraiment plaisante, toute en harmonie avec l'époque ciblée, on se croirait presque dans un épisode mi-Wilde/mi- Austen tant l'ambiance et les mœurs y sont bien travaillées. On navigue  entre haute sphère aristocratique, nouvelle bourgeoisie parvenue et bas fond populaire qui peine à survivre. L'auteur parvient avec douceur à mêler ces trois milieux, nous les présenter chacun sobrement mais efficacement et surtout à tisser des interactions sociales ou morales assez soutenues au vu du format. On sent qu'un travail de recherches a été fait, qu'il est habilement entremêlé dans le fil narratif et surtout que le thème de l'homosexualité est délicatement abordé en fonction de toutes ces "obligations" historiques. Il en découle une histoire fine et subtile, même si on est loin de l'épique et du passionnel, et surtout des personnages tout en logique et retenue correspondant parfaitement au contexte. Il est fort intéressant de voir deux mondes diamétralement opposés s’enchevêtrer dans la sueur et la chaleur des corps en terrain neutre, s'accepter uniquement quand le front commun de la différence les réunit.

    Ici la romance est toute en suggestion, discrète et presque effacée au bénéfice de la gestion des rencontres et du danger qu'elles suggèrent. Cela peut être frustrant, comme je l'ai pensé en premier lieu, mais c'est finalement beaucoup plus criant de vérité de lire toutes ces émotions tues et contenues sous le joug de la morale et de la justice que de voir deux hommes s'envoyer en l'air sur la banquette arrière d'un  fiacre.
    Le sujet des classes sociales est aussi évoqué par cette histoire particulière entre un aristo et un docker et si on trouve tout de suite un charme suranné au jeune William, la différence de comportement et de langage entre lui et Ingham est une fois de plus assez marquante. Elle prend le risque de rendre l'un des deux hommes bien moins séducteurs et dans les codes hyper-formatés d’aujourd’hui j'ai trouvé que c’était une belle petite dose de courage de restituer ce personnage dans sa pauvreté et son manque d'apparat romanesque. Ce qui est un plus pour l'histoire et sa crédibilité est aussi malheureusement un petit moins constitué par ce léger manque de charge émotionnelle que la romance pure et dure apporte souvent.
    Je pense  que c'est  face à ce genre d'histoire que l'on peut réaliser aussi que l'on a beaucoup de mal à se sortir des schémas surpuissants de la "passion fulgurante" et à s'ouvrir à des choses plus sobres et pourtant peut être plus réelles. 

    En tout cas c'est à coup sûr une romance séduisante, écrite avec beaucoup de talent et de maîtrise: les mots coulent de source, l'approche de la sexualité est caressée du velours rouge des bordels d'ambiance victorienne, la discrétion hypocrite se partage la place avec la réalité froide d'un monde en plein développement. Un roman au charme certain sur la dualité des hommes, de leurs désirs, de leurs secrets et de tout cet univers mondain et puissant qui illustre a la perfection l’expression des "secrets d'alcôves" et qui n'a pas été sans me rappeler la vie d'un certain Oscar Wilde. Yop.

                                                                           

    Le garçon du port d'  Anouchka Labonne

     

     

    Vous le trouverez ici : Le garçon du port

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  • Le Ma^tre de maison est un alpha de Fuyu Natsushita

    Editions : Boys Love/ Hana Collection

    Sortie : 05 Mars 2019

    Kazumasa, récemment marié, s'accommode parfaitement de son nouveau rôle d'homme au foyer, d'autant qu'il aime passionnément son époux, le beau Takaomi.
    Par contre, le sexe, c'est une autre affaire : ils sont tous les deux seme ! Et il est hors de question pour Kazumasa de laisser quoi que ce soit approcher son arrière train, même si le contrat de mariage lui impose de rapidement donner naissance à un héritier pour le clan de son conjoint... Mais Takaomi non plus n'a pas l'air prêt à échanger les rôles, et tient à respecter les envies de son partenaire.
    À situation désespérée, méthode désespérée : Kazumasa va tout mettre en œuvre pour apprendre à faire fondre son amant, même si pour cela, il doit tester lui-même. Entre quiproquos, scènes chaudes et moments de tendresse, le charmant couple arrivera-t-il à ses fins ?

     

    ****

     

    Avant de commencer ma petite critique, je dois vous parler de l’omegaverse que l'on retrouve souvent dans les yaois mais aussi dans quelques romans MM. C'est un univers fantasmé dans lequel des hommes pourraient tomber enceinte, avoir des chaleurs, le lien suivant vous en dira bien plus que le sujet : http://www.yaoi-pulse.com/omegaverse-la-nouvelle-tendance-bl-au-japon/

    Partant du principe que cette situation existe, les yaois prennent une sacrée dimension, en tant que scientifique pure et dure, je n'ai eu aucun mal à intégrer l'idée pour mes lectures, qui sont finalement faites pour ça, le dépaysement, l'improbable, le fantasmé, l'impossible....

    Kazumasa et Takaomi sont unis ensemble comme on unit de grande famille plus par intérêt que par amour. Leur histoire débute comme un mariage d'utilité et qu'ils soient deux hommes ne changent rien à l'affaire, surtout au désir des deux familles de voir un héritier naître très vite de cette union.

    Le Maître de maison est un alpha de Fuyu Natsushita

    Le Maître de maison est un alpha de Fuyu Natsushita

    Mais voilà les deux jeunes hommes sont tous deux seme -celui qui domine- et plus enclins aux relations hétérosexuelles qu'homosexuelles ce qui leurs posent de petits soucis d'adaptation dans l'intimité. Bien qu'une relation de plus en plus intime naît entre les deux hommes, aucun ne veut céder sur qui fera quoi à l'autre.

    Le Maître de maison est un alpha de Fuyu Natsushita

    Kazumasa, subissant de plein fouet la pression familiale de la mère de Takaomi, va finir par demander  l'aide d'un spécialiste de la sexualité. Ses manières et façons de faire complètement hors-norme vont entraîner Kazumasa vers des plaisirs qu'il ne soupçonnait pas mais qui lui laisse entrevoir des perspectives nouvelles pour son couple.

    Le Maître de maison est un alpha de Fuyu Natsushita

    Mais lorsque Takaomi découvre le pot-aux-rose, tout part en vrille et va se compliquer entre eux, il faudra bien de la patience et de la compréhension, sans parler des interventions extérieures pour rétablir leur couple et voir le bonheur frapper à leur porte.

    La première chose qui m'a super tenté, c'est le graphisme comme souvent, il est à tomber, le coup de crayon de la mangaka est précis, les traits sont beaux ce qui rend les personnages très expressifs.Toutes les pages sont un régal pour les yeux, l'histoire quant à elle commence de façon un peu bateau, mariage arrangé pour garder les privilèges et l'argent dans un certain niveau de vie social. Le début est assez confus ce qui rend la lecture un peu ardue au départ, l'arrivée ou l'intervention de certains personnages ne sont pas toujours très clairement identifiées ce qui fait perdre de la fluidité au récit. Malgré ce léger point, l'humour et le décalage dus au thème en font un one-shot à découvrir, un bon moment de lecture tout de même. Ce n'est pas le yaoi le plus clair sur l'omegaverse mais la fin est super mignonne. Rose Taylor

     

    Vous le trouverez ici : Le maitre de maison est un alpha


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  • Lorys V est un de ces auteurs que j’affectionne particulièrement aussi bien pour son style que par sa diversité et L'homme objet paru il y a peu est une nouvelle fois la preuve de son talent.


    L'homme objet de Lorys V
    Le pitch: 

    Récemment entré dans la quarantaine, Pierre mène depuis longtemps une vie de célibataire endurci. Profitant d’une prime professionnelle, il décide de réaliser son rêve secret : recruter un jeune homme pour le cloîtrer chez lui pendant une semaine, et satisfaire ainsi ses étonnants fantasmes.

    Mais Guillaume, 26 ans, n’a rien d’un garçon servile. Sentant chez son employeur une fêlure, il se met en tête de l’aider. Il a une semaine pour convaincre Pierre de la nécessité de surmonter un lourd traumatisme jusque-là bien enfoui…

                                       

                                                ¤ ¤ ¤ ¤ ¤

    Pierre, la quarantaine soucieuse, décide pour une fois de réaliser un de ses fantasmes et de louer les services de Guillaume, prostitué presque trentenaire, le temps d'une semaine. Une semaine à l’épier et le voir obéir à ses moindres désirs. Oui mais voilà, Pierre est un homme inquiet, timide, réservé et refoulé et cependant convaincu du chemin que va prendre son entreprise. Un chemin qui bien sûr ne s'attendait pas à être foulé par un Guillaume patient, charmeur et surtout très observateur, un jeune homme au fait de sa séduction qui perturbe dès le premier instant les savants calculs d'un Pierre reclus dans sa chambre d’hôtel. Un jeu de dupe qui se déroule à huis clos, à quinze mètres d'intervalle, et qui insuffle chapitre après chapitre une intensité et une profondeur qui m'ont énormément touché.

    Sans aller jusqu’à dire que ce roman m'a bouleversé, je mentirais en niant l'impact puissant qu'il porte en lui. L'auteur, habitué à des sujets plus "légers", livre ici une partition duelle très émotionnelle sur une relation au départ un peu trouble (dans son concept) qui va lentement s'affiner en quelque chose de très fin et de très subtil. Un jeu de rôles ou l'on se cache de tous et surtout de soi même, une intimité qui se crée au delà des échanges sociaux habituels et voila d'un coup un dialogue douloureux et pénétrant qui s'instaure malgré les prévisions incertaines de Pierre.
    Voila donc deux hommes mis à nu chacun à leur façon par l'autre, obligés de faire tomber les faux semblants que tout tendait pourtant à créer et de se mettre à jour d'une histoire personnelle clivante pour l'un et handicapante pour l'autre. L'enfermement volontaire de Guillaume  dans cet appartement est en reflet direct avec celui plus lourd de son propriétaire et le signe moins évident d'une nouvelle liberté de faire le point pour lui sur sa vie et ses choix. De l'autre coté, pourtant libre de ses mouvements, Pierre souffre, étouffe et lutte contre tout ce que le jeune homme met à nouveau en lumière dans son mode de vie. Je dois dire que j'ai été bluffée par le brio de l'auteur à évoquer toute une vie sous le poids du regret, du souvenir et des chaînes mentales que l'on s'attache avec tant de détermination sans même en être réellement conscient.
    La douleur et les peurs de Pierre sont palpables, réelles et lancinantes comme les traces des doigts écorchés d'un prisonnier sur les murs de sa geôle. On espère avec lui, on fuit avec lui  et on se surprend à presque ressentir les effets de ses angoisses les plus sombres.

    J'aime toujours autant la façon qu'a l'auteur de donner vie à des personnages aussi réels que romanesques, de leur dédier une personnalité suffisamment détaillée ou parfois un peu éthérée pour que j'y adhère complètement. Il sait pratiquement à chaque fois me séduire et Pierre et Guillaume sont une nouvelle fois un pari réussi. Du calme et voluptueux jeune prostitué, qui représente tous les charmes de la langueur et d'un certain art de vivre, aux peurs aussi naturelles, irraisonnées ou cruelles de Pierre, pourtant symbole d'une réussite sociale aboutie. J'ai une attirance particulière pour ces personnages englués dans leurs angoisses et j’apprécie d'autant plus quand leurs créateurs parviennent avec sensibilité à leur donner corps et âme sans les plonger dans un misérabilisme dénué de réalisme.

    L’écriture toujours dynamique et fraîche de Lorys V n’enlève rien au poids de son intrigue et de son personnage et lui confère au contraire cette lueur positive qui nous éloigne d'un huis-clos trop sombre. Il sait, comme toujours, dessiner les pourtours crus et poétiques d'une relation toute masculine et mener ses deux hommes au bout de leur histoire dans un rythme sans failles. Il m'a rendu voyeuse et amoureuse de ces deux hommes, de cette histoire et de ce duo que j'ai lu se bâtir entre non dits arrachés et démons exorcisés. Le tout est captivant (en tout cas je l'ai lu d'une traite et j'ai vraiment regretté la dernière page), d'une grande sincérité et même la fin épilogue est un pur régal à mes yeux. 

    Quelques mois plus tôt, quand je découvrais cet auteur, et son alter égo Pa Farouche, je sentais les prémisses d'un auteur en devenir et ce roman me prouve qu'il est désormais parti pour se faire une place bien à part dans le monde du MM français. L'homme objet est une bulle dans laquelle se laisser fondre pendant quelques heures sans hésiter (avec ou sans lait d'amande !). Yop
                           

                                                                                    

    L'homme objet de Lorys V



    Vous le trouverez ici : L'homme objet       

                                                        

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