• Destination Providence de Charly Reinhardt

    Une jubilante plongée dans le monde sf de Charly Reinhardt avec son Destination  Providence, publié chez Mix Editions qui vous assurera un voyage haut en couleur, en protons et en émotions.



    Destination Providence de Charly Reinhardt Le pitch: 

    Drew le sait : un contrat qui n’inclurait pas de risquer sa vie et celle du reste de l’équipage du Providence ne serait pas une vraie mission.

    Lyn, la capitaine du vaisseau au caractère bien trempé, X7, le mécano krisk, Shaaki la guerrière qurax et lui-même se sont d’ailleurs plutôt bien habitués à la douce mélodie des combats et aux plans foireux. Ainsi lorsqu’une éminente scientifique vient les trouver pour récupérer un système d'intelligence artificielle égaré, ils ne sont pas dupes une seconde. Les ennuis se profilent à l'horizon.

    Mais pour espérer se frayer un chemin jusqu'au cœur de Burastni où a été emportée l'IA, ils auront besoin d'un guide. Et qui de plus qualifié pour le job qu'un ancien esclave de cette planète prison ? Malgré tout, Drew a quelques doutes au moment de recruter Patch. Aussi désagréable que séduisant, cet humain semble lui aussi avoir de bonnes raisons pour se joindre à cette mission. Même s'il tient à les garder secrètes...

    Drew est cependant loin de se douter que ce voyage pourrait bien remettre en cause le fragile équilibre de la galaxie... Et ses certitudes.

      

                                                                        ζ  ζ  ζ  ζ


      N'étant pas la fan absolue de sf, de space opéra ou autres joyeusetés fantastiques, je me dois pour être honnête de signaler que je ne serais pas la meilleure juge en la matière préférant en général la dystopie ou l'anticipation. C'est donc à la fois curieuse et méfiante que j'ai plongé dans les soutes du providence telle une lectrice clandestine.  

      Mon premier réflexe fut de retenir un soupir et de presque laisser mes rétines se dresser vers le ciel tant ces noms de races d'aliens en X, K ou Y finissent par me sembler trop systématiques et cet univers de tentacules trop 50's à mon goût  ( #et pourtantedwoodiloveyou). Mais bien vite, j'ai ravalé mon soupir à peine éclos grâce à la rencontre de la fine équipe élaborée par l'auteure. Nous voilà donc parti dans la galaxie (là où personne ne peut m'entendre glapir ou râler, ou se sentir obligé de lire cette foutue chronique) dans une aventure somme toute très palpitante, un voyage entre planètes, trafics et survie où croyances, espèces et sociétés se mêlent dans des conceptions aux décors futuristes mais aux intentions bien actuelles. Une belle part est donnée aux aspirations, aux utopies,  aux espoirs toujours présents de mondes égalitaires et aux réalités économiques qui semblent ici être développées comme inhérentes à toutes les espèces.
    Le Providence est un vaisseau unique tant par sa fonction que par son équipage, une espèce de mixte entre Les gardiens de la galaxie et certainement un bon nombre de jeux vidéo que je ne saurais même pas épeler. Une équipe qui m'a totalement raccrochée au roman par son énorme capital sympathie et sa pluralité des palettes. 

      Commençons par l'histoire en elle-même. Pour moi rien de fondamentalement neuf, une quête, une histoire dans l'histoire, un groupe déjà constitué qui s'affine au gré des événements, des rencontres et une bonne dose de décors que l'on appréciera  selon ses humeurs ou ses goûts .  Le tout crée une ambiance sf (et une porte ouverte d'enfoncer, une !! ) très réussie avec tout ce que j'aime et tout ce que je reproche au genre. J'ai apprécié le côté sombre ou coloré, étouffant ou aérien, vide  et surpeuplé des descriptions comme j'ai pu parfois trouver le tout un peu lourd. En gros ce que j'ai pu ressentir, à quelques rares exceptions près, sur toute la sf que j'ai lu. Le sujet de l'IA est en fait peu évoqué si ce n'est dans sa contingence matérielle potentiellement dangereuse ou dans sa relation créateur/objet. Cela n'était certainement pas le but non plus d'en faire une thématique plus philosophique. Le décor et les ambiances sont riches et denses, on les sent très importants aux yeux de l'auteure, et je reconnais que cela donne encore plus de corps à l'univers et à la crédibilité  de cette équipe. Vous l'aurez compris, les descriptions c'est le demi-bémol du roman pour ma part et à la décharge de l'auteure je reconnais toute la difficulté à me satisfaire entre trop ou pas assez (en gros je suis une pénible ouais!). 

      L'action est un moteur aussi puissant que ceux du vaisseaux (et là non, tu ne te risques même  pas à me demander de quels types de moteurs est équipé ce foutu Providence), elle est distillée avec une belle précision et un grand sens de l'à-propos lui conférant ainsi tout l'impact nécessaire à chaque moment. De ce point de vue là,  c'est un vrai régal, c'est aussi visuel que sonore et le côté olfactif n'est pas en reste  (mince il semblerait que ces foutues descriptions ne m'aient pas tant gênée que ça).  On prend beaucoup de plaisir à se ronger l'ongle (quand tu lis autant que moi t'es obligé de vouer un ongle par livre sinon t'attaques les phalanges) tout en suivant les héros dans les dédales, les ruelles ou au milieu des champs d'astéroïdes, en évitant les rafales de toute armes qui finit par plasmique, laser ou à pompe, en comprimant les blessures et les peurs ou en tentant désespérément de se figurer les armures et corps de chacun .
      Tout cela est remarquablement bien écrit, bien composé et bien structuré. Le déroulement file comme un saut intergalactique ( ben oui hein j'ai quand même  compris deux trois trucs faut pas croire) sans jamais créer de temps mort, dispersant entre deux combats quelques notes d'humour, quelques références que chacun appréciera ou pas (je reste dubitative sur les références très terriennes et très Disney de certaines) et pas mal de positivisme au milieu de situations parfois assez noires. Loin d'un monde post-apo ou dystopique, on y retrouve surtout pas mal de la couleur du nôtre avec ses travers et ses paradoxes multipliés à l'échelle de l'univers, des considérations sur la guerre et ses ordres, la puissance et ses applications, la moralité et ses modèles systémiques. Des considérations que j'aurais parfois préférées moins convenues même si elles sont pourtant réelles et bien fondées. Je me serais attendue à d'autres aspirations venant d'espèces différentes comme si  l'univers du roman n'avait en fait qu'un mode de fonctionnement typiquement terrien. C'est en même temps logique, trois humains composant l'équipage dont on suit les points de vues respectifs. Le fil rouge est cependant tellement intense et bien agencé que cela ne reste qu'une considération toute personnelle que j'ai déjà éprouvée face à bien d'autres roman du genre. 

      Le gros point fort pour moi c'est ce satané équipage avec une flopée de "poushran" de personnages comme diraient Lyn ou Drew.
      Une capitaine de vaisseau extra tant dans sa féminité combative que dans sa nonchalance expérimentée, une image de femme comme on les aime, justement faible dans sa force et forte dans ses défaillances assumées, une femme qui se bat avec ses atouts tout personnels sans qu'elle soit une Lara Croft hyper sexuée. un personnage dont la gniak est compulsive, libératrice et communicative: on se lève tous pour Lyn!!
      Drew, un pilote de chasse (on dirait bien que c'est le big love de l'auteure celui la !) sensible, tenace et discret dont tout le sex-appeal émane de sa force de caractère immuable et de ses sous-harmoniques probablement aussi sexys (nooooon ne me faites pas dire qu'on passe un certain temps à s'imaginer ce que cache ce corps de griffes, de peau tannée et de cornes, je ne suis pas si futile... #silenceétouffant). Je vais devoir cependant m’appesantir sur le beau Darius car je suis ravie que l'auteur ait pris le temps de se poser sur les problématiques physiques de sa relation avec Patch échappant à la facilité des phéromones aliens qui filent la trique à tout ce qui bouge et rend les hommes tout amoureux en deux secondes chrono.
      Ajoutez une guerrière démesurée, adepte des armes les plus lourdes et à la gouaille d'une Ripley, un X7 évanescent et wikipedien qui aurait pu être le meilleur pote d'un Groot (haaan genre la chroniqueuse elle a vu un seul film de sf dans sa vie quoi !). Greffez leur un humain grognon, mystérieux et tentateur de Triv, une scientifique utopiste et inconsciente et son IA  et vous avez l'équipe au complet. Une assemblée unie, cohérente, riche de personnalités aussi diverses que crédibles qui apportent chacune leur part à l'édifice, au vaisseau et à leur mission sans que jamais l'un d'eux ne paraisse de moindre valeur. 

      Des caractères forts et tangibles, construits sur un passé élaboré avec finesse, dont l'histoire  personnelle s’égrène avec justesse au fil des chapitres. L'auteure nous épargne nombre de clichés  sur des personnages pourtant aisément soumis à la caricature en temps ordinaire et au schéma très usités ces dernières années par les grands studios de cinéma. Elle sait nous les rendre très proches dans leur réactions, lucides, hésitants, toujours confrontés au danger avec un état d'esprit presque un peu inconscient comme le sont ces héros un peu désespérés. Une vraie équipe de bras cassés qui passent leur temps à jongler entre fuite, vol, trafic, qui n'hésitent jamais à se jeter dans le vide quand leurs sentiments le leur dictent. Bref, on les aime, on les suit à la trace, on vibre pas mal avec eux et surtout on s'attache beaucoup à cette petite famille galactique. 


    Destination providence aurait pu être un roman assez sombre tant par ses décors que par ses sujets mais il reste cependant porté par le dynamisme de ses personnages, leur envie de vivre et surtout leur bonheur à simplement barouder ensemble comme un art de vivre. N'hésitez pas à embarquer sur le Providence, vous y trouverez en fait une très belle aventure nourrie à l'énergie, l'amour de la sf et une équipe du tonnerre qui a su faire de ses différences une véritable cohésion comme un seul et même héros. Yop. 

                                                                           

    Destination Providence de Charly Reinhardt



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    « Perdus de vue : Ironie du sort 1 de Lucy Lennox et Sloane KennedySurvivant de T.M. Smith »
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