• Une romance historique et instructive sur la rencontre d'un jeune Lord presque ruiné et un docker que rien ne prédestinait à séduire un bel aristocrate. Voila donc l'univers du Garçon du quai écrit par Anouchka Labonne et publié par les Editions Voy'el en Mars 2019.


    Le garçon du port d'  Anouchka LabonneLe pitch :

    Angleterre, 1872.

    Après la mort de son père, le jeune Lord William Kingsbury se retrouve contraint d’abandonner son manoir dans la campagne du Kent pour aller vivre à Londres.

    S’il a d’abord du mal à s’adapter à cette vie mondaine et citadine, il recevra l’aide d’un jeune homme d’affaires ambitieux qui l’aidera à se faire une place au sein de la bonne société londonienne.

    Mais sa rencontre avec un simple docker va bouleverser sa vision du monde et réveiller son désir d’indépendance.

     

     

                                                                     * * * *
    Une belle histoire, courte mais assez complète, où les mœurs d'un royaume britannique du XIX ème nous sont exposées à travers les découvertes amoureuses de William orphelin et infortuné depuis peu.
    N'ayant plus que son nom et une garçonnière (cossue tout de même la garçonnière ) en guise de biens, le jeune Lord Kingsbury déménage dans la capitale londonienne pour essayer d'y vivre son amour des arts littéraires. Très vite perdu dans les,mondanités  c'est une première rencontre avec un héritier d'homme d'affaires qui lui révèle sa véritable nature et son attrait pour les hommes. Edgar se dévoile assez vite comme une espèce de Darcy arrogant et intolérant, fort de sa condition de dominant pour écraser les autres. Ce contraste avec les premiers émois séducteurs permet au jeune lord de voir sa propre personnalité s’épanouir et se démarquer du milieu dans lequel il évolue pour peu à peu partir à la découverte d'un Londres plus coloré. 

    L’écriture est vraiment plaisante, toute en harmonie avec l'époque ciblée, on se croirait presque dans un épisode mi-Wilde/mi- Austen tant l'ambiance et les mœurs y sont bien travaillées. On navigue  entre haute sphère aristocratique, nouvelle bourgeoisie parvenue et bas fond populaire qui peine à survivre. L'auteur parvient avec douceur à mêler ces trois milieux, nous les présenter chacun sobrement mais efficacement et surtout à tisser des interactions sociales ou morales assez soutenues au vu du format. On sent qu'un travail de recherches a été fait, qu'il est habilement entremêlé dans le fil narratif et surtout que le thème de l'homosexualité est délicatement abordé en fonction de toutes ces "obligations" historiques. Il en découle une histoire fine et subtile, même si on est loin de l'épique et du passionnel, et surtout des personnages tout en logique et retenue correspondant parfaitement au contexte. Il est fort intéressant de voir deux mondes diamétralement opposés s’enchevêtrer dans la sueur et la chaleur des corps en terrain neutre, s'accepter uniquement quand le front commun de la différence les réunit.

    Ici la romance est toute en suggestion, discrète et presque effacée au bénéfice de la gestion des rencontres et du danger qu'elles suggèrent. Cela peut être frustrant, comme je l'ai pensé en premier lieu, mais c'est finalement beaucoup plus criant de vérité de lire toutes ces émotions tues et contenues sous le joug de la morale et de la justice que de voir deux hommes s'envoyer en l'air sur la banquette arrière d'un  fiacre.
    Le sujet des classes sociales est aussi évoqué par cette histoire particulière entre un aristo et un docker et si on trouve tout de suite un charme suranné au jeune William, la différence de comportement et de langage entre lui et Ingham est une fois de plus assez marquante. Elle prend le risque de rendre l'un des deux hommes bien moins séducteurs et dans les codes hyper-formatés d’aujourd’hui j'ai trouvé que c’était une belle petite dose de courage de restituer ce personnage dans sa pauvreté et son manque d'apparat romanesque. Ce qui est un plus pour l'histoire et sa crédibilité est aussi malheureusement un petit moins constitué par ce léger manque de charge émotionnelle que la romance pure et dure apporte souvent.
    Je pense  que c'est  face à ce genre d'histoire que l'on peut réaliser aussi que l'on a beaucoup de mal à se sortir des schémas surpuissants de la "passion fulgurante" et à s'ouvrir à des choses plus sobres et pourtant peut être plus réelles. 

    En tout cas c'est à coup sûr une romance séduisante, écrite avec beaucoup de talent et de maîtrise: les mots coulent de source, l'approche de la sexualité est caressée du velours rouge des bordels d'ambiance victorienne, la discrétion hypocrite se partage la place avec la réalité froide d'un monde en plein développement. Un roman au charme certain sur la dualité des hommes, de leurs désirs, de leurs secrets et de tout cet univers mondain et puissant qui illustre a la perfection l’expression des "secrets d'alcôves" et qui n'a pas été sans me rappeler la vie d'un certain Oscar Wilde. Yop.

                                                                           

    Le garçon du port d'  Anouchka Labonne

     

     

    Vous le trouverez ici : Le garçon du port

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  • Editions : Reines-Beaux

    Sortie : 17 Avril 2019

    Revenu d’une croisade, Evan De Bourg décide de participer à un tournoi pour retarder son retour chez lui. Malheureusement pour lui, le Baron Klaus profite des festivités pour s’emparer du château sur les terres duquel le tournoi se déroule. Pris entre deux feux, Evan sauve la vie d’Alrik, le fils cadet du propriétaire des lieux.

    Il aurait pu se contenter de cela, mais les beaux yeux du jeune homme l’incitent à participer à la guerre qui prend peu à peu place. Lui qui avait juré de ne plus s’approcher d’un homme et n’aspirait qu’à un repos bien mérité !

    Entre complots, voyages, découvertes incroyables et tentations, comment Evan retrouvera-t-il une vie tranquille ?

     

    &&&&

     

    Evan de Bourg vient de passer presque dix ans de sa jeune vie à mener une guerre contre les infidèles en Terre Sainte pour soi-disant expier ses pêchers selon son père. Enfin de retour, il reprend la route de son foyer avec la peur au ventre, ne sachant pas ni comment il allait retrouver sa famille ni comment ils allaient l'accueillir. Mais en chemin, il se voit contraint d'aider Alrick, la cadet de la famille du Duc Von Leightberg dont le château est assiégé par la terrible baron Klaus qui annexe toutes les terres du Duc. 

    Malgré son désir de repos son âme chevaleresque prend le dessus, Evan part à la recherche de toute l'aide possible auprès du reste de la famille d'Alrick et de la sienne. Parallèlement, il lutte contre l'attirance grandissante qu'il ressent envers le jeune Alrick dont le physique et la combativité l'émeuvent un peu trop. Ayant subi des préjudices pour ses penchants pour les hommes auparavant, Evan se bat contre ses sentiments naissants en tentant de maintenir Alrick loin de lui. De son côté, Alrick tente bien maladroitement de lui prouver son inclination et sa bravoure.

    Premier volume d'une histoire de chevalerie teintée de romance, la mise en place du récit et des personnages se fait doucement sans précipitation mais avec justesse. On découvre le parcours avec le pourquoi et le comment du départ d'Evan aux croisades, de sa lutte permanente contre ses désirs qui sont abhorrés à cette époque et de son long calvaire dans une guerre qui l'a usé physiquement et moralement. La quiétude qu'il comptait retrouver au sein de ses propres terres semble très vite s'éloigner au profit d'autres combats.

    L'auteure s'appuie plus sur le côté historique que romanesque, on savoure tous les aspects virils de cette époque tant par les joutes, les combats, l'éducation des jeunes nobles que sur les complots fomentés pour renverser les pouvoirs, les luttes intestines, les conflits et les traîtrises qui se mêlent savamment pour en faire un roman épique. L'attirance entre les deux jeunes gens bien que sous-jacente reste timide, comme effleurée et n'est clairement pas le but premier de ce tome. La tension monte crescendo sur l'intrigue "prise de pouvoir" plutôt que sur les hormones des deux hommes, la fin est haletante et laisse un goût de très peu ou plutôt de "vite le second tome" !!! Un parfait moment de dépaysement au temps des chevaliers, de la bravoure, des codes d'honneur, où la place est plus aux manipulations d'alliance entre les grandes familles qu'à l'amour et au bonheur. Rose Taylor

    Merci à Reines-Beaux pour ce SP.

    Vous le trouverez ici : Le repos du guerrier: Evan, T1
     

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  • Gibraltar de Chrsitina Bruni est une novella historique de 74 pages parue chez Juno Publishing en février 2019.

     

    Gibraltar de Cristina BruniLe pitch: 

    Ben est un homme juste et un capitaine intrépide, mais au cœur blessé. Plus tôt, aux Indes, il a assisté à la mort de Jack, le plus fidèle de ses hommes : il l’a vu tomber à la mer pendant une bataille, sans avoir eu le temps de lui confier son amour.

    À Gibraltar, le capitaine rencontre par hasard un étranger, John, qui lui rappelle à tous les égards l’être aimé perdu.

    Entre les deux hommes naît une amitié qui aboutit à l’amour. Cette fois-ci, Benjamin fera tout ce qui est en son pouvoir pour déclarer ses sentiments avant qu’ils lui glissent à nouveau entre les mains.

                              ° ° °

    Un récit court et agréable à lire qui est malheureusement pour le coup bien trop court pour que l'histoire y trouve son réel épanouissement. 
    Le cote "époque" est faiblement évoqué que ce soit dans les décors ou la trame mais cela n'est guère dérangeant au vu du format. John et Ben se rencontrent et au fil des questions que se pose Ben à son sujet, un amour tendre se noue doucement au fil des pages. Le résumé  étant assez précis  sur le contenu je ne vais donc pas m’éterniser sur le scénario qui est assez simple mais sympa.
    Les deux hommes sont doux et quelques peu nostalgiques ce qui développe une douce atmosphère chargée de regrets et de tendresse prometteuse mais une fois de plus on est très frustré par un  déroulement trop rapide (forcément ! ). L'ambiance est là, on la devine austère et romantique et on aimerait pouvoir s'y engouffrer un peu plus, en savoir plus de ces navires, de cette époque et de ses perceptions. Le passé des deux hommes est légèrement soulevé, suffisamment pour la nouvelle mais trop peu pour mes attentes et la curiosité qu'il crée, leur personnalité  n'a pas vraiment le temps d’éclore et on doit du coup se contenter des faits même s'ils sont joliment contés. Une romance qui aurait, je le pense sincèrement, gagnée à être dans un format plus long tant pour son impact émotionnel que pour imposer un peu plus la présence de ses personnages.

    L'histoire est mignonne, très attrayante, les "amoures particulières" dans le passé sont toujours un sujet délicat à traiter en romance et aurait vraiment mérité un traitement plus poussé (et donc plus de pages, une fois encore ) pour la rendre plus prenante ce qui aurait sans doute effacé cette sensation de fin trop vite bouclée.
    L'épilogue sera en revanche un peu ma bête noire du récit par son côté trop sucré/facile mais cela reste cohérent en terme de rythme. 
    En conclusion, une courte histoire, bien trop courte hélas car on ne demande qu'à rester un peu plus avec ces deux marins, rafraîchissante et douce qui vous offrira un doux moment de lecture reposante.  Yop. 

     

                                                                               

    Gibraltar de Cristina Bruni



                                                                                                                

    Vous le trouverez ici : Gibraltar

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  • Encore un détour western chez Mix Editions avec La colline de l'oubli d'Eve Terrellon, sa magnifique couverture et sa fantastique Chumani.


    La colline de l'oubli - Eve Terrellon Le pitch: 

    John ne connaît rien d’autre que la ferme de ses parents où il a toujours vécu. Elevé au sein d’une communauté rigoriste, il sait cependant qu’existe davantage que le christianisme étroit et conquérant de son oncle, depuis qu’il a découvert, adolescent, la présence d’Indiens sioux sur ses terres. L’un d’eux, encore enfant, l’a particulièrement marqué etn’a jamais oublié son nom : Mahpee...

    Des années plus tard, sa sœur est secourue par une Indienne qui se présente à lui sous le nom de Chumani. Sa ressemblance avec le petit garçon d’autrefois est troublante. Plus troublante encore est la haine que semblent lui porter l’oncle de John, ainsi qu’une partie de la communauté blanche. Partagé entre sa famille, son éducation et son sens moral, John finit par s’attacher à Chumani malgré les avertissements. Mais est-il prêt à entendre la vérité, toute la vérité ?

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    La colline de l'oubli ou comment aborder la thématique homosexuelle entre sioux et cow-boys avec une grande sensibilité et un certain savoir faire.
    Un roman qu'on ne situera pas dans un western épique mais plutôt intimiste et introspectif. Des personnages simples et à la fois en corrélation avec leur époque servis par un récit qui met en exergue les valeurs morales, les croyances et les coutumes de plusieurs ethnies. C'est un delta où se croisent, se rejoignent ou se séparent des idées toutes faites sur l'autre, sur ce que doit être le couple, l'amour et la vie.

    John, fermier aux petits soins pour sa famille, n'a jamais oublié ces yeux couleurs de ciel qu'il a croisé un jour. Des yeux qui lui avaient déjà beaucoup parlé sans qu'il en ait même pris conscience, un ciel bleu qui a modelé à son insu ses aspirations amoureuses et qui avait déjà capturé une certaine partie de son âme. Quand Chumani apparaît c'est un curieux mélange de déjà vu et d'attraction nouvelle qui se dessine alors pour John.
    Comprendre, admettre et accepter ce que la culture de celui-ci réfute en bloc est un long chemin qu'il effectue avec toute la bonté qui le caractérise. Car dans un univers dit rude, John est un personnage sensible et presque féminin dans sa psyché d'une certaine façon, son mode de vie est sommaire et entièrement dévoué à sa ferme mais il présente une maturité émotionnelle si fine et si ouverte qu'on ne voit pas du tout en lui le cow-boy rustre habituel.

    Chumani est une lumière à elle seule, la lueur qui éclaire sa tribu aussi bien par sa présence que ses savoirs, la lueur qui permet à ceux qu'elle aide de trouver un chemin malgré leur particularité, la lueur d'une représentante d'un monde, d'une idée, d'un genre et d'une spiritualité. Femme à 100% dans son cœur et dans son âme, son enveloppe originelle n'est pour elle qu'un tremplin à son accomplissement et à son coté guerrier qu'elle confronte avec plaisir à la sensibilité de John. Un tremplin que l’auteure nous décrit avec passion en prenant soin de nous livrer un peu partout tout un travail historique sur les perceptions sioux qu'elle a su restituer avec facilité pour ne pas étouffer sa narration. Et le résultat est passionnant, vivant et tellement frappant en même temps comme peuvent l’être toutes les histoires baignées dans ces génocides aveugles que l'histoire nous montre comme de simples colonisations. 

    La colline de l'oubli est une belle romance, très belle même. Toute en douceur (même si l’action n'y ménage pas sa peine), amenée avec la finesse d'une plume dédiée au passé, elle nous plonge dans ce couple terriblement attractif et dans une vie de famille pas si évidente pour John. Il lui faut faire avec les préjugés des siens, admettre qu'il aime malgré des gens dont il ne supporte plus la bêtise ou l'intolérance juste parce que ce sont les siens. Il lui faut se battre contre lui-même et défier ses croyances si profondément acquises. Pour elle, il faut faire avec le souvenir d'un peuple agresseur qui a mutilé sa civilisation et qui en muselle le peu qui reste, faire accepter aux siens que fuir avec son aimé pour cacher ce que l'on est, est parfois indispensable à son bonheur sans que la honte de son essence propre ne soit remise en cause. 

    Eve Terrellon esquisse avec talent tout un petit monde autour de la grande histoire de l’Amérique, avec une succession de personnages plus ou moins présents, qui tracent chacun un des sentiers de cette histoire: le puritanisme, la maladie, l’appât du gain, l'industrie naissante, la vie des plaines, l'immigration et ses déconvenues... et surtout le monde de demain qui se profile inexorablement. La grand-mère, l'oncle, les sœurs, les amis/es, tous, tour à tour servent à dessiner un monde et une ambiance plus qu'à mettre en valeur un couple central. Ils sont tous aussi caricaturaux que cela peut être nécessaire pour un roman mais aussi sensibles et amochés, autoritaires malgré leur bon cœur, surprenants alors que mauvais, tous nous prouvent que les frontières ne sont jamais aussi nettes que ce qu'elles paraissent.

    Alors j'y ai trouvé quelques défauts (sinon je ne mériterais pas mon scalp), comme une extrême compréhension des choses qui me surprend pour une époque très dure et surtout très étouffée par la religion. Je pourrais aussi peut-être reprocher à John un petit coté mou, voir naïf et surtout une répétition des schémas de scénario avec les différentes agressions de Chumani. Rien de bien grave en soit mais faut bien qu'il y ait des mais vu que je suis pas payée (je lol hein pas besoin de crier au scandale !!)

    Ces quelques défauts ne sont rien en comparaison de son gros point fort c'est à dire son sens de la narration et sa plume! Eve Terrellon en une phrase vous balance dialogue, décors, ambiance et émotions sans même qu'on s'en aperçoive, elle a un sens du mot vivant qui vous enchaîne des le premier instant et ce dans une histoire où les embûches sont légion.
    La colline de l'oubli c'est aussi l'histoire de deux cultures qui se croisent et dont l'une ne sort pas indemne, l'histoire du pouvoir qui domine et assujettit toute l’âme d'un peuple pour n'en faire que des survivants et ce juste par sa propre manière de vivre, sa vision limitée des autres.
    C'est le récit de l'un de ses peuples a qui on a tout arraché car le feu de certains parlait plus vite que le murmure d'un ruisseau. Un formidable plongeon dans une histoire d'amour vrai au sein d'une époque où les rails nouveaux vous guident vers la croisée des peuples, des croyances, des nouveaux chevaux et du déclin malheureux d'une spiritualité humaniste au bénéfice d'un monde "meilleur". 

    Si vous voulez vous perdre un moment dans une belle histoire d'amour, des décors, du rêve et un peu d'Histoire La colline de l'oubli c'est pour vous! Yop

                                                                           

    La colline de l'oubli - Eve Terrellon

     


    Vous le trouverez ici : La colline de l'oubli
      

     

     

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  • Désirs interdits : Provocation tome 1 de Jonna Chambers

    Sortie : 14 Novembre 2018

    David Lauriston a du mal à se bâtir une réputation au sein du monde privilégié qu’est le système juridique d’Édimbourg. Ses origines modestes sont un obstacle en soi, sans parler de sa décision récente de défendre un groupe de tisserands accusés de trahison, ce qui entraîne la rumeur qu’il pourrait appartenir au parti radical. La dernière chose dont il ait besoin, c’est d’aider le frère de l’un des tisserands à retrouver l’agent du gouvernement qui a causé la ruine de sa famille.

    Ce n’est pas bien mieux, niveau personnel. Tourmenté par ses désirs interdits envers les hommes, et les souvenirs douloureux de l’ami d’enfance qu’il aimait à l’époque, David fait de son mieux pour vivre en célibataire endurci, et se blâme à chaque fois que sa résolution faillit.

    Jusqu’au jour où lord Murdo Balfour entre dans son monde bien rangé de pulsions réprimées.

    Cynique, hédoniste et parfaitement dépourvu de tout remords, Murdo ne pourrait pas être plus différent de David. Ce dernier refuse catégoriquement l’idée de se marier sans amour dans le seul but de respecter la bienséance, mais Murdo est lui bien décidé à s’unir à une femme un jour et n’a aucunement l’intention d’abandonner la compagnie d’autres hommes lorsque ce sera fait. Pourtant, aussi choqué que David puisse être de l’égoïsme du lord, il n’arrive pas à résister à son charisme.

    Murdo le tente autant qu’il le provoque, l’empêchant de se concentrer sur sa promesse de retrouver l’agent provocateur responsable du sort des tisserands, et l’obligeant à faire face à ses désirs charnels. Mais Murdo est-il plus qu’une simple distraction ? Est-il possible qu’il soit exactement l’homme que David attendait ?

     

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    David Lauriston est un jeune avocat débutant sans fortune, il est travailleur et ne compte pas ses heures. Il vient d'un milieu modeste, d'une famille simple qui a tout fait pour l'aider autant que possible à réaliser ses ambitions. On le suit évoluer grâce à un avocat qui l'a pris sous son aile et qui va l'aider à entrer dans la société d’Édimbourg. Une affaire de trahison sur laquelle il a travaillé ne cesse de le tarauder, d'autant que le jeune frère d'une des victimes accusées vient le solliciter pour retrouver la trace du traître qui ferait partie de la noblesse. David, d'un caractère honnête, bon, gentil, et compatissant décide de l'aider et tombe sur Lord Murdo Balfour. Murdo est l'exact opposé de David, il est cynique, froid et déterminé, néanmoins il trouve David très à son goût et décide d'emmener David dans son lit sans équivoque. Ils vont tous deux se retrouver à mener l'enquête et ce qu'ils vont finir par découvrir va les étonner et leurs confirmer que la justice a bien deux vitesses dans ce monde. Les pauvres gens subissent souvent les méfaits des riches sans pouvoir se défendre comme il faudrait. Tous ces événements les amènent à se côtoyer de plus en plus ce qui exacerbe la tension sexuelle entre eux.

    Au cours du XIX ème siècle, la liberté d'aimer était fortement réprimée par la société mais aussi par la justice, les hommes amoureux d'autres hommes devaient absolument taire et cacher leurs rapprochements. David, conscient de sa situation qu'il juge lui-même malvenue, refoule constamment son tempérament, refuse de se laisser aller à ses inclinations. Il lutte en permanence contre lui-même et son désir grandissant vis-à-vis de Murdo. Il se lance donc à corps perdu dans son travail d'avocat et dans la recherche de l’identité du mystérieux traître. Comme si son monde n'était pas assez compliqué, son mentor et protecteur semble vouloir le marier à l'une de ses filles afin d'assurer sa position, ce que refuse David, ne voulant pas enfermer une quelconque jeune fille dans un mariage sans amour. Le pauvre jeune homme vit difficilement avec tous ses tourments intérieurs.

    Au travers des pensées de David, on sent le poids des traditions, le prix de l'honneur familial quant à la bienséance de mise à cette époque. Le société doit être lisse, ne pas faire de vagues pour les femmes, comme pour les hommes. Les sentiments ne sont pas pris en compte, on fait une alliance d'intérêts communs plutôt qu'un mariage d'amour. Même si j'aime beaucoup lire sur cette époque et ce roman ne fait qu’asseoir cette certitude, j'aurais jamais pu vivre de cette manière, il faut toujours rentrer dans des cases sinon c'est la ruine, ruine de la réputation, ruine de l'honneur familial, ruine de fortune ... juste parce que l'amour n'a pas lieu de prévaloir sur le reste à cette époque.

    L'auteure rend ces injustices flagrantes auxquelles certains s'adaptent quitte à bafouer leurs vœux de mariage pour satisfaire leurs envies, et pour d'autres comme David  s'orienter vers le célibat est une nécessité pour rester en accord avec eux-même. Ce premier tome est très réussi de ce point de vue mais j'attends le second avec impatience car mon cœur qui s'est attaché à David, aimerait qu'il trouve le bonheur et l'amour pour qu'il soit complet. Notre époque -malgré les maints progrès qu'il reste encore à faire- est plus propice aux différences en amour, aux possibilités d'avenir plus larges pour quiconque s'en donne les moyens.

    Le roman pointe aussi du doigt la justice qui ne touche pas la classe aisée de la même façon que la classe moyenne et la plus pauvre. Les magouilles faites à la tête de la noblesse retombent inévitablement sur les pauvres gens, se retrouvant à payer un lourd tribu - prison voir la mort - pour permettre la sauvegarde des privilèges et de l'accumulation de toujours plus de richesses. Rose Taylor

    Merci à MxM Bookmark pour ce SP.

     

     Vous le trouverez ici : Provocation: Désir interdit, T1
      

     

     

     

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  • Imaginez vous un instant Jeremiah Johnson reluquer le tombé des colts sur la ceinture de Josey Wales, vous voyez un peu ? Voila une petite idée de l'impact de Outlaws de Léna Shartiaud publié chez Mix Editions en Octobre 2018.



    Outlaws de Lena ShartiaudLe pitch: 

    Colorado, 1860. James Lloyd est un trappeur, autant dire une espèce en voie de disparition dans un Nouveau Monde où s’achève la conquête de l’Ouest. Criblé de dettes et directement menacé par les nouvelles lois fédérales destinées à réguler son activité, il n’a d’autre choix que d’accepter la surprenante proposition du shérif Philips.

    Pour sauver sa peau, James endosse le rôle du chasseur de primes et se lance sur les traces du tristement fameux gang Morrison. On raconte que ces hors-la-loi de la pire espèce ne reculent devant aucune bassesse lorsqu’ils attaquent diligences et convois.

    Les approcher sans éveiller leurs soupçons n’est pas une mince affaire et James se voit contraint de se faire passer pour un fuyard. Proposant de guider le gang à travers les Rocheuses pour leur éviter les ennuis, il découvre très vite que Philips est loin de lui avoir dit toute la vérité.

    Si Morrison et ses hommes sont bel et bien des voleurs, ils ne sont pas pour autant les monstres que l’on se plait à décrire dans les saloons. Petit à petit, James se retrouve happé par cette drôle de famille où il se sent plus à sa place que nulle part ailleurs.

    Du moins jusqu’à ce que la vérité sur son double jeu éclate au grand jour. Rattrapé par le passé et confronté à un futur plus qu’incertain, l’heure des choix sonne pour James. Même s’il n’a plus la moindre envie de livrer le troublant Nathaniel Morrison à son ennemi de toujours, le shérif Philips les attend au tournant.

     

    Outlaws de Lena Shartiaud

     

     Un roman coup de cœur pour son véritable coté western hollywoodien. Un vrai film dans le livre qui nous raconte une histoire palpitante tout en restant dans les règles strictes du genre.
    Nous sommes directement plongé dans la bourgade en plein essor de Blackdale City où James Llyod vient vendre une à deux fois par an le fruit de son activité de trappeur solitaire. James est un homme droit, solitaire et amoureux de sa vie proche de la nature, il craint les hommes et leurs travers et subit de plein fouet une époque nouvelle et fatidique qui annonce la fin d'un monde pour lui et d'un simple métier aux yeux des autres. 
    Acculé par le Shérif retors du coin, il se voit obligé de partir en chasse d'un autre gibier et voit sa quête se transformer peu à peu en remise en question de ses croyances. C'est ainsi qu'il rencontre Morrison, le chef d'une bande hors la loi jugée comme sans pitié et recherchée aussi bien morte que vive.

    James est un homme rustre qui, sous ses couches de daims, cache beaucoup de finesse et de compassion pour les hommes si tant est qu'ils le méritent. C'est un homme entier qui lutte pour sa survie à tout point de vue et qui ne conçoit la vie qu'avec dureté, qu'elle soit celle de la nature ou celle des hommes. Sa rencontre et son voyage infiltré avec la bande de Nathaniel Morrison lui ouvrent les yeux sur un monde criminel qui ne l'est peut-être que par son nom. La lâcheté et l'hypocrisie des "bonnes gens" mettant un sérieux bémol sur le jugement critique que l'on peut porter sur les repris de justice.
    Morrison est un chef de gang, un meneur de troupe, un leader et surtout une mère pour sa bande qu'il protège et projette de mener en lieu sûr pour une retraite tranquille loin de leurs habitudes et de leurs larcins. C'est un homme discret, calme et réfléchi loin des images de violence auxquelles s'attendait James. Son passé et celui de sa bande, lentement exploré au fil des pages, aident à comprendre la psychologie de chaque membre car au delà de l'histoire d'un couple, Outlaws c'est avant tout l'histoire d'une famille reconstituée dans une époque et un contexte politique en plein changement.

    Si nos deux personnages sont quasi parfaits en terme d'image western avec tout ce qu'il faut de brutalité, de retenue virile sur les émotions et de moqueries canailles entre les hommes, ils sont aussi un couple peu probable que l'on aurait eu beaucoup de mal à voir s'enliser dans une pale histoire d'amour. Et c'est là que l'auteur a fait fort, car ce choix précis de rester collé à cette étiquette typique du western rend le tout complètement plausible, les relations, les dialogues, l'humour et les rares moments de lâcher prise qui mènent nos hommes sur un terrain romantique difficile sont toujours très justes. Toutes les scènes s’enchaînent avec bonheur sans aucun temps mort mais sans overdose de bang bang non plus, on est pas à Ok Corral mais dans un monde de montagnes interrompues de villages en devenir et de nature sauvage partagée entre les tribus autochtones et les hommes blancs. 

    La narration nous offre un rendu très visuel et très nostalgique, comme ces vieux films où les costumes étaient un peu trop propres, et nous renvoie à des codes que l'on connait tous pour facilement s'y plonger comme en terrain déjà connu. Et comme souvent chez Mix Editions, le texte est vraiment parfait, on aime ou pas cette plume simple et directe mais en tout cas rien ne viendra vous vriller les yeux ou même juste vous les faire lever au ciel. Mon départ avec cette narration au présent m'avait un peu surprise mais je me suis retrouvée tout autant surprise de ne plus y faire attention après seulement quelques pages et de la trouver presque indispensable.
    Outlaws, c'est plus un roman qu'un mm, c'est une vraie histoire, classique, avec les rebondissements qu'on attend du western mais surtout avec une pléthore de personnages fascinants tant ils sont à la fois évoqués avec précision et légèreté. J'entends par là qu'ils construisent à eux tous le récit et le nourrissent sans jamais l'alourdir de scènes futiles et que c'est a chaque fois amenés par de petites scènes presque anodines qui complètent peu à peu le puzzle de l'histoire du groupe ou de la ville. Chaque membre de la bande apporte sa part d’émotion et de paradoxe, chaque méchants son morceau de vilenie qu'il soit plus ou moins admis dans la société dont il émerge. Le tout donne un fil narratif captivant et presque artistique où pour une fois, même si l'on est profondément attaché à l’histoire d'amour en général (et rassurez vous il y en a une, et une très belle) on tombe avec un plaisir certain dans une histoire tout court plutôt que celui d'une relation à travers une histoire.

    Ce roman m'a bluffé, pas parce qu'il serait parfait ou super émouvant mais parce que c'est une vraie tranche de légende: celle du Western avec du colt et du stetson, celle de la poussière et du vieux pot à chique dans lequel on laisse son échantillon d'adn avant de savoir que s'en était, celle des balles et des flèches sur un fond noir et blanc colorisé, celle d'un monde particulier où il est difficile d'y placer une romance entre homme sans s’échouer lamentablement sur une vision clichée d'un tas de Village People remuant leur torse huilés sous un gilet en polyester. Outlaws, où comment désormais regarder vos vieux westerns sous un nouvel angle (et jamais je ne dirais que l'idée m'avait effleurée avec Ed Hot Harris et Virgo Sexy Mortensen, non jamais !). Yop.
    Merci à Mix Editions pour ce sp.

     

    Outlaws de Lena Shartiaud

     

    Vous le trouverez ici : Outlaws

      

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  • Il y a des livres sur lesquels on pourrait écrire pendant des heures ou bien les résumer en deux mots ! Épique et exemplaire : Axios de Jaclyn Osborn sorti chez MxM Bookmark fait indubitablement parti de ceux qui vous laisse une trace aussi profonde qu'un coup de lance.

     

    Axios de Jaclyn Osborn



       Si comme moi, tu avais perdu quelques neurones sur le visionnage de 300 et ses spartiates huilés comme des nems (tss tsss je sens que je te perds là, n'ouvre pas tout de suite un autre onglet et lis jusqu'au bout ) alors tu vas adorer Axios, Eryx, Haden et tout leurs comparses.

      Axios est épique rien que par son récit rondement mené, qui alterne tout du long entre tendresse et brutalité. Une formidable histoire d'amour entre Axios et Eryx, deux jeunes spartiates, qui se sont rencontrés lors de leur entrainement militaire dans une Sparte alors au faîte de sa gloire. Un apprentissage difficile, violent et douloureux tant pour les corps que pour les âmes.
    Axios est un jeune garçon curieux de tout, enclin à l'amitié et l'amour que son simple lieu de naissance va pousser dans une destinée qui lui sera ancrée dans la peau à coup de blessures et de combats. Sa douceur naturelle aura bien du mal à se faire à un monde de guerre et d'injustice sociale, qui le marque profondément dans sa chair et dans son cœur. Seule la présence d'Eryx et l'amour transi qu'ils partagent lui permettent de tenir et de devenir ce que toute une contrée attend de ses hommes : devenir un guerrier et pas des moindres, un spartiate.
    Eryx, plus combatif et plus enclin au respect aveugle des traditions, est l'homme qui permettra à Axios de se révéler, de s'accepter et de vivre son destin. Axios est celui qui montre l'amour, la chaleur, le beau à Eryx, un monde où tout ne serait pas que violence, soumission aux règles et luttes sanglantes.
     
    Deux hommes, deux visions et un seul amour : un amour inconditionnel dès le premier jour, un amour plus fort que toutes les souffrances, que tous les doutes et toutes les batailles. Une magnifique histoire sur le dépassement de soi, de ses aspirations personnelles mais aussi sur le profond respect qui unit des hommes dans un monde barbare régi sous les règles de l'art de la guerre, un monde impitoyable où dès l'enfance tu te bats ou tu meurs.

    Une histoire épique, flirtant avec le péplum, avec toute une galerie de personnages, tout aussi passionnants que les deux héros principaux, qui évolue au fil des chapitres pour nous faire découvrir une période de l'histoire (ou du mythe selon les opinions) de Sparte. L'auteur a su donner tant de caractère à chacun de ses personnages que s'en est bluffant, pas un seul ne parait secondaire ou surfait. Chacun amène une touche de couleur particulière, un sentiment à part, une petite histoire personnelle dans la grande plus globale. Les décors sont posés avec discrétion et talent pour qu'on puisse les voir se dessiner doucement au fil des pages et s'imaginer sans peine le sang qui gicle sous le coup d'une épée comme la chaleur d'une caresse sur les hautes herbes près d'un cours d'eau.
    La sensualité dégagée au milieu de toute cette violence est admirable, faite de sexe doux et amoureux, des moments enjôleurs qui nous soulagent de l'intensité des combats et de la rudesse de la vie des spartiates.

       Axios est aussi un roman exemplaire dans le sens où rare sont ceux qui parviennent à aussi bien respecter le fil d'un parcours historique mêlé à une romance. Si l'auteure, comme elle l'annonce, a pris quelques libertés je dois dire qu'elles sont vraiment légères tant on y retrouve bien l'histoire de Sparte, de l'idée de son apogée à celle de son déclin, de son mythe indestructible à la réalité de ses faiblesses. L’énorme travail probablement fourni pour les recherches a porté ses fruits car nous plongeons tout aussi bien dans une romance poignante que dans une tranche fascinante de l'Histoire (ou de la mythologie, toujours au choix) et c'est passionnant ! Axios est véritablement un exemple réussi de romance historique assez poussée où chaque événement gagne en crédibilité et véracité comme en charge émotionnelle
    .
    Exemplaire également par le choix évident fait par l'auteur sur le destin de ses héros, agir autrement aurait été une hérésie et probablement la chute inévitable pour un roman qui jusqu'au bout aura su garder logique, sentiments et respect des faits sociologiques et historiques.
    Exemplaire encore par le travail formidable de traduction d'Alexia Vaz et de correction d'Emmanuelle Lefray, qui permettent au récit de prendre sa pleine puissance avec un texte pas totalement parfait mais vraiment pas loin.

    Vous l'aurez deviné : c'est un vrai coup de cœur pour moi. Probablement autant que l'avait été le fabuleux 300 pour la gloire où Zack Snyder avait redonné un autre sens (en plus d'une lumière et d'une photographie somptueuses) au six-packs gainé de cuir et orné d'une cape rouge (Superman et tous ses potes super-héros sont un peu mort ce jour là).
    Axios est un roman qui prend au tripes et vous sangle le cœur pour ne jamais vraiment le lâcher, un de ceux qu'il ne faut absolument pas louper cette année. Yop.

    Merci à MxM Bookmark pour ce sp.

      

    Axios de Jaclyn Osborn

     

     

     

    Vous le trouverez ici: Axios

      

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  • Apres avoir beaucoup aimé les premières aventures d'Harper et Hicks, dans L'ombre de Gilgamesh de Cyriane Delanghe ,c'est avec beaucoup de plaisir que je me suis plongée dans la suite gracieusement proposée par les Editions Voy'el et l'auteure que je remercie d'ailleurs! Cette fois ci, c'est pendant les troubles de La Syrie que nous les suivons avec Les larmes de Zénobie sorti en Août 2018.

     

    Harper & Hicks: 2 - Les larmes de Zénobie de Cyriane DelangheLe pitch:
    Après les terribles événements qui les avaient conduits à enquêter ensemble sur une série de meurtres à Philadelphie, David Harper et Morgan Hicks semblent vivre le parfait amour. Pourtant, les choses ne sont pas si simples pour les deux hommes. Leur relation se heurte à un obstacle de taille qu’ils doivent apprendre à surmonter.
    Alors que leur métier respectif les contraint à une séparation de plusieurs semaines, la guerre en Syrie vient se mêler à leur destin. Les nouvelles épreuves les rendront-elles plus forts ou les sépareront-elles à jamais ?

     

     

      Comme son prédécesseur, ce tome n’échappe pas à la tension, plus tournée sur l'aventure politique cette fois, que Cyriane Delanghe sait si bien imposer à ses deux héros.
    Elle parvient habilement à mêler actualité brûlante, suspens, géopolitique et histoire par petites touches toujours précises qui se fondent idéalement dans la narration pour nous  concocter un récit riche et palpitant! On sent d'emblée un travail minutieux tant dans les recherches en elles-mêmes que dans la manière de les inclure dans son histoire.
    L'action est si bien entremêlée aux décors qu'on se demande si l'auteur ne s'est pas dessinée une cartographie précise des lieux et des événements pour si bien restituer cette aventure sur fond de guerre. Les données géopolitique, tantôt précises, tantôt judicieuses, apportent sans nul doute une réalité contemporaine très lourde qu'il n'est pas forcement aisé de croiser avec une romance optimiste.

      Si Harper se retrouve à nouveau embourbé dans un guêpier inextricable c'est surtout celui de ses pensées et de ses doutes, qui l'enfonce dans un puits sans fond où remise en question, culpabilité et sexualité troublée ne font pas bon ménage. Son histoire passée avec Hicks, leur couple vacillant, incertain mais pourtant bien réel, amènent sa flopée de questions qui le minent tout autant que la disparition de l'homme qu'il aime. Les retrouvailles des deux hommes pourtant ne reflètent pas vraiment les sentiments exacerbés que l'ont a pu suivre tout au long de la première partie. La distance que l'on ressent entre eux est logique grâce au contexte, un pays en guerre, une religion et une politique qui ne cautionnent pas du tout l'homosexualité mais elle laisse un peu perplexe. Là où les sentiments personnels sont fort bien retranscrits, les actes, eux, m'ont parus flous, lents parfois peu parlants : ici une jalousie qui dure à peine, là des explications qui n'en sont pas vraiment et du coup une réconciliation assez tiède. C'est une sensation toute personnelle, bien sur, étant donné que j'aime beaucoup quand les choses sont un peu explosives. C'est vraiment dommage car en revanche leurs dialogues internes soulèvent beaucoup de problèmes propres à leur histoire et leur passé, qui sont super intéressants avec des angles d'approche assez originaux. On aime cependant beaucoup les retrouver et surtout suivre l’évolution de leur couple entre complot familial et choix professionnels qui leur coûtent beaucoup.Les personnages secondaires sont très charismatiques à leur façon, très humains aussi rajoutant encore une note supplémentaire de sensibilité dans ce parcours chaotique.

      Harper doute et cherche, Hicks espère et attend. Deux hommes qui, finalement, ont beaucoup joué sur cette mesure depuis qu'ils se connaissent et on ne peut nier que la raison même de leur couple est autant un poison qu'un élixir. Un couple qui se renforce, malgré tout, à chaque épreuve laissant tomber peu à peu les peurs et les questions  naturelles quand on connait leur parcours. Deux hommes que leur créatrice n’épargne résolument pas, grand bien nous fasse!
    C'est après beaucoup de péripéties que le couple parvient à se retrouver malgré un sérieux imprévu (je vais pas te spoiler tu jugeras pas toi même!).
    Alors oui, quelques ficelles sont un peu grosses (et au final on sait que c'est le jeu de la romance) et j'aurais souhaité que Cyriane prenne plus de temps à tisser sa trame des événements. Mais, d'un autre coté, je sais que le rythme en aurait probablement pâti. La sensualité flippée du premier tome est un peu moins présente mais l’inquiétude constante et l’omniprésence du contexte remplacent parfaitement cette absence.

    Un des gros points forts de ce récit est l'approche à la fois froide et sobre des faits d'actualité sur des régimes et des jeux politiques bien particuliers, sans trop y rajouter de ce sentimentalisme occidental de la bonne conscience. On ne retrouve presque pas de cette vision unilatérale et trop bien forgée d'informations prémâchées, de celle qui ne s'encombre pas trop de la réalité des dés pipés et du barbarisme qui ne se cache pas uniquement derrière une barbe et un turban. Le personnage de Sakine,  totalement représentatif de cette vision, est l'autre point fort de ce deuxième tome!  Une femme qui fait la gniak à toutes ces images féminines injustes dans le mm, qui, tout en étant au cœur de bien des problèmes pour un couple gay, prouve que non c'est pas toujours la méchante femme la cause de tout et surtout qu'il y en marre des personnages alibis trop faciles.


      Les larmes de Zénobie, un roman dans le feu de la guerre que ce soit sous les balles, les dogmes ou les arcanes des pouvoirs, où beaucoup de questions politiques sont effleurées, parfois à bon escient et parfois à regret. Une histoire qui sait marier le souffle de l'aventure ,comme un bon coup de fouet de ce cher Indy , à la réalité terrible et clinique d'un faucon noir en pleine chute. Un récit où rugit le vent du désert, la voix de tout un peuple  et toute une culture en perdition et de toute l'histoire de plusieurs pays en pleine partie d’échecs aux règles toutes plus pernicieuses les unes que les autres. L'histoire surtout de deux hommes qui auront eu raison de tous les grains de sable qui jalonnent leur amour. Yop.

                                                                     

                                                                         

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  • Après avoir bien aimé la série Espion contre agent secret , je me suis lancée sans trop d’inquiétude sur cet autre roman de Tinnean , Pour le meilleur et pour le pire paru chez Dreamspinner press en 2013 .

     

    Pour le meilleur et pour le pire  de TinneanLe pitch:

    Orphelin à sept ans, Ashton Laytham doit venir vivre à Fayerweather, le domaine de son oncle. Rapidement, sa famille et les domestiques ne voient en Ashton qu'un enfant détestable et l'évitent de leur mieux. Adulte, en dehors de quelques rendez-vous illicites, Ashton demeure froid et solitaire. À la mort de son oncle, de nouveaux problèmes retombent sur les épaules d'Ashton : le domaine est en faillite et il doit rembourser les dettes que son oncle a accumulées à force de s’adonner au vice du jeu.

     

    De plus, le talisman familial vient d'être volé et les suspects Pour le meilleur et pour le pire  de Tinneanont disparu dans la nature. Ashton est résigné à affronter une ruine certaine quand arrive Geo Stephenson, un homme qui a prêté de l'argent à Sir Laytham pour l'aider à rembourser ses dettes.

    Geo propose alors un marché : Ashton devra accepter de partager son lit pour rembourser cet argent. Attiré par Geo malgré lui et assoiffé de chaleur humaine, Ashton accepte ... mais il ne s'attendait pas à ce que cet homme, qui a juré de ne jamais aimer qui que ce soit, lui vole son cœur.

     

                                               Pour le meilleur et pour le pire  de Tinnean


      Une lecture à l'effet mitigé même si elle n'est pas désagréable en soit avec une narration qui d'emblée t'annonce une couleur très orientée sur une romance purement érotique. Je vous laisse seul juge du choix des couvertures -une assez classique peut être plus accordée avec le contenu et l'autre d'un gout plus ou moins de bon aloi !! Je me pose encore la question sur la justification du choix du titre mais il faut avouer que chez Dreamspinner c'est plutôt courant!
      On est dans une ambiance à mi chemin entre Downtown Abbey et les Ténardier avec un léger relan de Boyslove à la Jane Austen (ouais puriste austenien vas y fouette moi j'aime ca!!). Une intrigue principalement portée sur un aspect sexuel, puisqu'il s'agit d'un deal "paye ta dette en couchant avec moi", sans être pour autant vulgaire (quelques termes me semblent par moment un peu malvenus mais bon... choix d'auteur ? choix de traduction? D'autres ont l'air en revanche presque hors contexte temporel ). La part belle est laissée aux scènes rapides et sensuelles plutôt qu'à une quelconque introspection des personnages à qui il manque pour le coup une certaine personnalité, le marché est aussi vite mis en place qu’il est énoncé: pas de perte de temps.
      Les Méchants nantis trop gâtés sont ce qu'ils sont et le gentil souffreteux semble se contenter trop facilement de son sort .Nous sommes en 1834 et l'homosexualité parait presque anodine et coutumière dans une époque pourtant assez réactionnaire.

      Vous l'aurez deviné ,il s'agit d'une lecture "facile" ,maniant très bien toutes les ficelles de la romance addictive qui rendent vos doigts maîtres de leurs propres actes et les poussent à tourner les pages les unes après les autres .Et ouais, on se laisse aller comme ce pauvre Ashton à attendre inlassablement un Géo (non non il ne trouve pas tout #referenceduneautreepoque) chaque fin de semaine pour les voir assez rapidement tomber en amour. Une pure romance traditionnelle avec une relation qui n'a de contrainte que le nom, on est loin de la dark , de la soumission ou tout autre panoplie du genre.
      Une longue période de doute accule notre héros victorien à revoir ses sentiments qu'il sait pourtant être déjà bien acquis à l'homme de ses rêves. La vie au domaine est sobrement restituée , pas de grands événements historiques entrecroisés ou même quelques faits d'époque, pas d'intrigue infâme à déjouer ... Juste une immense tristesse et une solitude persistante qui habitent Ashton depuis son plus jeune âge et que Géo semblait avoir comblé pendant quelques temps.
     
      Une histoire dans le fond pas trop mal écrite mais qui aurait bien mérité un peu plus  pour en faire un récit un peu plus dans l'air de l’époque ,une histoire un peu plus palpitante et un traitement des personnages un peu moins léger.
      On aime bien Ashton ,le gentil maltraité ,certes, on déteste facilement sa famille de relous qui lui coûte un rein chaque mois alors qu'en tant que maître héritier du domaine il pourrait juste les foutre dehors au lieu de jouer les grands seigneurs et on a plus de mal à percevoir quoique ce soit de Géo tant son personnage est transparent.
    C'est un roman à lire lors d'un trajet en train par exemple sans avoir peur de louper une ligne ou de perdre le fil , un petit moment pour se passer le temps d'une façon plus agréable que d’éclater les bulles à Bubblewitch.Yop.

    Pour le meilleur et pour le pire  de Tinnean

     

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  • Une petite incursion dans l'historique avec The Only Gold de Tamara Allen paru chez Sidh Press en 2016

    The Only Gold de Tamara AllenLe pitch:
    La vie de Jonah Woolner est tout aussi prudemment régulée que la banque dans laquelle il travaille. Cette vie lui convient parfaitement, jusqu'à ce qu'une promotion lui passe sous le nez en faveur d'un nouvel arrivant, Reid Hylliard. Effronté et entreprenant, Reid ensorcelle tout le monde sauf Jonah, qui est convaincu que ses idées progressistes conduiront la banque à la ruine. Quand Jonah commence à découvrir que Reid est plus complexe qu'il n'y paraît, il prend le risque de succomber à ses charmes ? cependant, déverrouiller la porte de la chambre forte des secrets de Reid pourrait le mener sur un sentier dangereux. Perdre sa promotion ? et peut-être son c?ur ? est le dernier de ses problèmes. Alors que le blizzard le plus mortel à avoir jamais balayé New York fait rage, le fils revanchard d'un vétéran de l'Armée de l'Union débarque à la banque pour voler un dépôt gouvernemental d'un demi-million de dollars. Jonah et Reid se retrouvent piégés et divisés, et surtout, doivent se battre pour leurs vies.

    The Only Gold de Tamara Allen


       Dès le départ , tout se joue dans un affrontement a pas feutrés quand Jonah trésorier adjoint, se voit obligé de collaborer avec Reid son nouveau supérieur avec un jeu de taquineries assez pincé que j'ai trouvé délicieux. La tension entre les deux hommes, très professionnelle en première partie , monte crescendo tandis que les choses se mettent en place avec la précision d'une montre suisse dans un univers très formaté de la première moitié du siècle.

      Reid est sur de lui, franc , sincère; quelqu'un à qui il semble difficile de résister et c'est une véritable OPA de séduction que subissent tous les employés au grand dam de Jonah. Ce dernier passerait presque pour un goujat obsessionnel voulant nuire à tout pris à son supérieur et on a du mal à cautionner ces réticences d'homme trop professionnel face aux nouvelles idées progressistes de Reid . On sent bien le changement plus profond que cela provoque chez lui tant ces certitudes aux travail ont forgé ces habitudes routinières de vie. Jonah s’évertue a trouver des erreurs qui n'en sont pas et bloque ainsi une vision plus perspicace du jeune trésorier en chef ,fraîchement débarqué.
      On apprécie par ce biais de ne pas tomber dans une romance trop facilement annoncée et trop aisément acceptée. Le manque d'attraction immédiate habituelle entre deux héros nous fait grimper au rideau a attendre avec impatience les prémisses de leur histoire . C'est alors que Reid se lance petit à petit à faire une cour très discrète à Jonah et au moment ou je devrais déjà être endormie , je suis toujours les yeux grands ouverts à me mordiller la lèvre inférieure  (tadaaaaaam non mais c 'est pas réservé à la romance après tout !!) .

      Leurs scènes d'amour sont tout en romantisme puissant , en demi mots exaltants ou l'imagination et la suggestion font la part belle à des images trop suggestives .J'ai particulièrement adhéré aux petites marques d'affection de Reid envers Jonah. On tombe en amour avec leur relation , on y aime le coté suranné et pourtant si compliqué à vivre dans une époque ou les préjugés et les bien pensants peuvent détruire une vie en moins de temps qu'il ne faut pour le dire . On se demande d'ailleurs quel avenir sera possible pour leur couple.
      L'affection nouvelle qui se tisse entre ces deux hommes, qui essaient de construire une histoire discrète dans un contexte difficile et qui jonglent avec les attentes de leur société et de leur entourage ,est attendrissante à souhait .

      Les épisodes consacrés à la vie bancaire sont précis sans être rébarbatifs grâce a une écriture précise et très accessible. Le parler d’époque et les recherches faites pas l'auteur sur l'organisation d'un banque de cette période enrichissent le récit , on pense s'y perdre mais c'est loin d’être le cas ni même d'être ennuyeux. Quelques mélanges de prénoms ayant probablement échappé a une relecture ne dérangent absolument la compréhension et la fluidité de la lecture .
    On a même une intrigue qui s'intensifie et contrecarre leur amour avec un final en suspens très bien conçu façon Murdoch survolté (ben ouais je mate Murdoch mysteries et alors?) .
    Tamara Allen nous livre ici un roman qui ne se lâche pas avec un coté désuet présent a chaque page, une certaine poésie de l'ambiance , il m'aura juste manqué peut être un peu plus de passion dans leurs interactions même si la fusion entre les deux amoureux est bien plus forte qu'un simple attrait sexuel. Un m/m tout en douceur à lire en mode sépia avec une bonne tasse de thé. Yop.

     

    The Only Gold de Tamara Allen

     

    ***************************

     

    Un roman qui m'a donné une furieuse envie de retomber dans les affres du ship/slash avec ces deux gugusses qui n'ont pas quitté mon esprit tout au long du livre.

                                The Only Gold de Tamara Allen                             

     

     

     

    Vous le trouverez ici en VO. 

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