• Le dernier livre d'Alix Dedune, Bonpassant, sorti fin 2018, m'a fait comme un électrochoc dès que j'ai vu sa couverture que je classerai probablement dans le top trois des plus belles couv 2018. J'ai donc pris mon culot à deux doigts (ceux que j'utilise sur mon clavier) et ai demandé son livre à l'auteure pour une chronique.



    Bonpassant d' Alix DeduneLe pitch : 


    Justin, banlieusard au chômage, débarque au cœur de la Drôme pour commencer un job. Il a été embauché comme jardinier pour six mois dans un superbe site médiéval privé, le Domaine de Bonpassant. Les jardins du château ont besoin de son savoir-faire pour retrouver leur lustre. Arrivé à destination, le jeune homme va faire la connaissance de trois chiens, huit chats, cinq chevaux, d'oiseaux, de poissons, de lucioles et d'une dizaine d'êtres humains étonnants, dont le maître des lieux, Élias Villederain.

     

     

                                                                 *****


    Après avoir beaucoup apprécié Abdel et Nicolas ou la vie normale, j'ai replongé  avec plaisir dans la plume discrète et sensuelle d'Alix Dedune pour y rencontrer Elias et Justin. Une histoire simple et touchante sur un jeune parisien hétéro qui tombe fou amoureux de son patron.

    Un gfy classique vous me direz ? Peut-être, pour ceux qui ne sont pas enclin à la douceur et aux événements alanguis, à la tendresse des mots qui instaure une passion mordante que le jeune Justin ne maîtrise absolument pas. 
    Bonpassant n'est pas un duo amoureux mais un trio : nous avons le bel Elias, auteur de sf à succès et Justin le jeune paumé parisien qui vient pour un travail sensé le sortir de sa vie trop chaotique dans la capitale. Et tout doucement, en filigrane au départ puis avec une évidence pleine de couleur, c'est le domaine de Bonpassant lui-même qui vient se mêler à leur amour indissociable du lieu où il est né. Le récit est un long hommage au site, à la bâtisse et surtout à sa faune et sa flore, délivrant de longs passages visuels aux couleurs chatoyantes et aux senteurs qui passent vite des mots à nos sens olfactifs.

    Elias a souffert, beaucoup souffert, jusqu'à se perdre, il a fait aussi souffrir malgré lui tout son entourage. Sa vie d'ermite créatif dans le château familial lui a permis après une longue errance de retrouver les quelques marques qui rendent sa vie paisible si ce n'est encore réellement  heureuse. C'est un personnage affable, plaisant et à la fois très difficile à vivre en amour par le détachement à l'autre qu'il affiche, détachement qui n'est que la barrière de sécurité, les grilles d'un château fortifié qu'il a dû ériger pour s'en sortir indemne. Quand Justin débarque au château, il ignore encore que c'est pour l'un de ses auteurs préférés qu'il va travailler et cette admiration de simple fan n'aura alors de cesse de s'accentuer jusqu'à devenir une sorte d'amour vénérateur pour un homme qu'il ne se sentait pas même capable d'aimer.
    Le gfy est ici amené d'une façon très concrète et très subtile à la fois, il est logique et correspond parfaitement  au tempérament  de Justin car celui-ci, même si l'idée d'aimer un garçon  ne l'avait pas tenté jusque là, est un jeune homme ouvert et très sensible à l'attachement, au désir. Il est plutôt bien dans sa peau et dans son rapport aux autres, élevé par une mère un peu hippie et très ouverte d'esprit pour avoir su donner à son fils joie de vivre, entrain et empathie. Tout naturellement, Justin se surprend à être attiré, se pose quelques questions mais accepte aussi avec facilité la franchise de ses sentiments et le naturel de sa pulsion envers Elias, simplement parce que c'est sa nature. L'auteur nous fait donc la grâce de ne pas épiloguer sur un long atermoiement de déni, de refus ou de résistance. 

    L'apparente simplicité des personnages est trompeuse car elle soulève très vite une mécanique de duo qui va rapidement se renverser. Un homme fragile et blessé qui se trouve séduit par un jeune jardinier temporaire plein de vie, de sourires et de tâches de rousseur. Justin, donnant libre court à sa nouvelle passion, révèle peu à peu au contact de celui qu'il juge être un homme parfait, une personnalité en fait fragmentée et pleine de doutes. Sa relation, qu'il construit sur l'admiration sans bornes de l'homme qu'il aime et sur la fascination que celui exerce sur lui, le tire en même temps vers une remise en question de sa propre valeur et le place dans un système de comparaison dont il a du mal à sortir. Elias, face à cette facette, peut se montrer presque froid et distant tant il est plongé dans son propre automatisme de protection. On est même tenté de lui en vouloir un peu car l'auteure a fait le choix de laisser Justin être le seul narrateur de l'histoire et nous prive ainsi d'une partie de la psyché d'Elias.

    L'histoire est tendre, belle et sauvage, elle nous emporte dans un vent parfumé d'essences aussi diverses que celles des plantes, des souvenirs, des espoirs et des sentiments  passionnels. On reste difficilement insensible à l'engouement  amoureux de Justin, et on suit en quelques sortes l'histoire d'Elias et sa famille à travers la sienne. Et si je pense que la force du récit aurait gagnée en intensité à être un peu moins appuyée sur les pensées du jeune jardinier en herbe, on ne s'ennuie pas car une galerie de personnages secondaires assez étoffée nous évite l'écueil du couple fusionnel. L'auteur tend à dessiner une vision plus moderne, moins archétype des différences entre milieux sociaux, des relations amicales et de la vie tout court dans une romance contemporaine et vivante.

    Bonpassant c'est une couverture qui tue, qui vous ferait acheter le livre rien que pour elle, et une histoire sensible qui laisse une trace légère mais tenace, comme un souvenir d'enfance évanescent, dans notre esprit et notre cœur. Un pétale de nostalgie vous tombe dessus à la dernière page et on sait déjà qu'on oubliera pas Elias et Justin de si tôt.  Yop

     

    Bonpassant d' Alix Dedune

     

    Vous le trouverez ici : Bonpassant

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  • Résumé :

    Parfois, il faut être acculé pour admettre ce que l’on est vraiment et laisser parler son cœur. C’est la dure leçon qu’apprendra William en faisant connaissance avec ses nouveaux voisins. Il devra mettre fin à ses manières d’ours mal léché afin d’aider ce charmant duo.Dans ce nouvel appartement, Timothée va devoir retrouver ses marques et surtout, s’ouvrir aux autres et aller au-delà de son handicap s’il veut être heureux. Et l’ami de Timothée, son complice de toujours, les regardera se débattre alors qu’il suffirait simplement de profiter du bonheur qu’offre la vie. 

    Date de parution : 2018           Edité par : Autoédition

    Coeurs aux abois  de SM Gerhard

      

    On est, dès le début, pris dans un tourbillon qui ne laisse aucun répit que ce soit aux personnages ou bien au lecteur. Le tout jusqu’à mener à la cassure qui fait qu'on revienne en arrière et refasse connaissance d'une façon plus délectable. On entre dans les affres d'un amour sincère mais dont les deux parties nous semblent gauches. Timothée est trop incertain de l'avenir commun qui s'offre à lui et de celui qu'il aime. Il a énormément de mal à faire face au fait que l’entourage de William qui ne le considère que de passage dans la vie de ce dernier. Quant à William, il est tellement certain que sa manière de prendre soin de Timothée est correcte que le revers de la situation le prend par surprise. Après que les tourtereaux aient remis les choses à plats et soient repartis sur de meilleures bases, le jeune cadre perd de sa superbe et montre une fragilité touchante. Au final on ne sait plus qui de lui ou de Timothée est le plus fragile. Il s'agit d'un couple qui fonctionne sur le même pied d'égalité avec des blessures propres à chacun. Des meurtrissures qui deviennent alors une sorte de palier que ces hommes apprennent à franchir. 

    On apprécie les petits intermèdes dans lesquels le lecteur voit la scène racontée par le point de vue de Gimli le chien. Bien que cela n'apporte pas grand chose à l'histoire, cela reste rafraîchissant et lui confère une touche enchanteresse.  

    L'histoire possède un rythme quelque peu perturbant car celui-ci s'éloigne des tempos populaires de ce genre de lecture. On se sent étrangement bousculer tandis que le récit nous captive. Une légère déception se fait néanmoins sentir quant à la présence de coquilles qui interfèrent trop souvent dans la lecture. Le tout sonne comme un glas de frustration pour le lecteur alors qu'un travail de fond mieux mené aurait donné plus d'éclat à un texte prenant. 

    C'est au final une relation de "je t'aime... moi non plus" qui s'installe entre le récit et son lecteur. Et pourtant, il s'agit d'une lecture qui, une fois amorcée, nous prend dans ses filets malgré des défauts qui, peu à peu, s'effacent de notre vision pour nous laisser profiter d'une jolie histoire d'amour avant tout. 

    Merci à S.M. Gerhard pour ce SP.

    Manon

     

    Vous le trouverez ici :Cœurs aux abois
      

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  • Une histoire courte au sujet particulier et surtout tabou dans nos sociétés, Deux âmes jumelles de Raj and Co publiée cette fin d'année.

     

    deux âmes jumelles de Raj and co

     

    Le pitch:

    Deux cœurs. Deux âmes jumelles. Un amour exceptionnel.Dans une société où certains tabous restent tenaces, Gaël et Ismaël vont apprendre très tôt qu'il n'est pas si facile de s'aimer au grand jour quand vos sentiments sont jugés hors norme. Fuir loin de l'homme qu'il aime semble la seule option possible pour Ismaël.Mais peut-on vivre séparés quand on est les deux moitiés d'un tout?


                            °  °  °  °


    Un thème tendancieux, sujet à polémique bien sur et je ne cache pas que je ne me servirai pas de cette chronique pour rentrer dans le débat moral de l'inceste. L'inceste consenti entre adulte n'est pas illégal, il est en revanche moralement et socialement très mal perçu pour diverses raisons plus ou moins justifiées (même si Cercei et Jamie et quelques uns de leurs copains lui ont redorer la pilule ces derniers temps ). J'estime que l'auteur a pris le temps de prévenir son lecteur sur le contenu de son récit et je me contenterai donc de le juger comme toute autre romance en évitant de passer par la case "doit-on ou pas écrire sur un tel sujet" ( et ce déjà car il y a bien d'autres thèmes qui me choquent d'avantage et que ce n'est pas un article mais bien une chronique).
    .
    Cette nouvelle qui se lit très vite, ne s'attarde pas réellement sur la perception de l'inceste sauf celle toute personnelle des jumeaux eux-mêmes. On ne rencontre que peu de jugement venant des autres si ce n'est par le biais d'un ou deux personnages et c'est très léger, à peine effleuré. On ne devra donc pas s'attendre à une sorte d'analyse du regard des autres ou des conséquences sur leur vie de ce même regard. Raj nous livre plutôt une histoire d'amour passionnelle et surtout très charnelle. Un amour des corps qui va au-delà du simple plaisir et contact physique, de la simple pulsion sexuelle mais qui touche surtout à ce lien physiologique et émotionnel qui existe depuis toujours entre deux êtres nés du même corps au même moment.

    J'aime assez la plume actuelle de Raj bien que je lui trouve quelques petites formules répétitives inutiles qui ont entravé mon plaisir mais j'y ai retrouvé ce sens de la romance, de l'addiction, que l'auteur avait déjà dans Une année pour s'accepter, avec beaucoup de plaisir. L'histoire  est assez simple et factuelle, totalement concentrée sur nos deux frères et leur passion, elle ne s'encombre pas d'un panel de personnage très étendu et cela renforce cette sensation de bulle, de monde fermé autour de nos deux amoureux. Son écriture est assez paradoxale jonglant entre le romantisme le plus total et des mots très crus qui sembleraient bien masculins et un peu trop axés sur le sexe par moment : on sent bien qu'on a affaire à deux jeunes hommes qui s’éveillent au sexe ça je vous le garantis !
    Gaël, le plus téméraire et le plus audacieux se retrouve à être celui qui va souffrir peut-être avec le plus de mots quand Ismaël le plus fragile trouve en lui, finalement, la force nécessaire pour s’échapper de cette relation hors norme qu'il n'assume pas. La dualité est assez présente comme un yin yang bien imbriqué, la force apparente de la fragilité qui pourtant choisit la fuite mêlée à la certitude pleine d'assurance qui peine à survivre à la rupture. L'un n'est rien sans l'autre et l'autre sait qu'il appartient depuis toujours à l'un. Celui qui reste à pleurer réussit à nouer des relations quand celui qui part le cœur détruit ne peut se donner à quiconque. Gaël accepte depuis toujours cet amour quand Ismaël lui a plus de mal à oser le vivre pleinement. L'amour, car il ne s'agit ici que de ça en fait, bien au-delà du sexe, une sorte d'amour fusionnel au sens propre du terme qui étouffe toute autre considération, contingence ou moralité sociétale.

    De ce fait on ne trouve jamais rien de choquant entre eux, et très vite on les perçoit comme de simples amants jeunes et éperdus dans les affres d'une relation qui doit rester cachée.
    Et peut-être que ce coté où tout se passe bien est justement un peu trop facile car même complètement enfermé dans sa relation à l'autre, on ne peut cependant ignorer son rapport aux autres dans ses interactions quotidiennes. Que ce soit le malaise que crée un tel secret, le regard de ceux qui devinent, son propre combat intérieur ... tout ces aspects qui auraient je pense permis un roman un peu plus fouillé au détriment de l'unique intensité sensuelle ! Le récit d'une passion, qui défie beaucoup de règles, abordé sous un angle rose où la gène a depuis longtemps laissé la place au plaisir.

    On est charmé par cette histoire qui au bout du compte, passé le cap de la problématique de fond, reste une romance douce et passionnelle, très chargée en énergie sexuelle. L'histoire de Gaël et Ismaël jumeaux et inséparables depuis le premier jour et la première cellule, deux corps que la loi de la nature a divisés mais que celle de l'amour n'aura jamais pu dissocier envers et contre tout. Yop.

    Je remercie Raj and Co pour ce sp (papier en plus s'il vous plait !! ) et je reste sur mes premières impressions lors de ma précédente lecture, je vais continuer à te suivre .


                                                                                 

    deux âmes jumelles de Raj and co



    Vous le trouverez ici :Deux âmes jumelles

                                                

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  • E- Dylique de Hope Tiefenbrunner

     Editions : MxMBookmark

    Sortie : 28 Novembre 2018

    Eliott a rencontré Raphaël par le biais d’un site Internet, une aventure qui devrait être sans lendemain, surtout lorsque son ex-compagnon réapparaît dans sa vie et qu’un nouveau boulot se présente. Malgré l’envie, il chasse donc Raphaël de ses pensées, sauf que la vie lui réserve une surprise de taille : non seulement son nouveau patron n’est autre que Raphaël, mais celui-ci ne tient absolument pas à le laisser lui échapper, et ce n'est ni une relation patron-employé ni un ex sur le retour qui l’arrêteront. Oh que non ! Comment Eliott va-t-il s’en sortir ? Qui va-t-il choisir?

     

    *****

    Depuis plusieurs mois, Eliott est seul, déprimé, le cœur en berne après s'être fait larguer par Hugo, son compagnon depuis plus de dix ans. Ce compagnon qui l'avait vu grandir, qui l'avait aider quand ses parents l'ont rejeté, aimer au point qu' Eliott pensait au mariage, aux enfants, à la vie de famille tant attendue. Mais sa vie va être très très perturbée lorsqu'il va faire la connaissance, par le biais d'un site de rencontre, de Raphaël avec qui il va passer deux jours à s'éclater comme une bête dans une chambre d'hôtel top niveau.

    Le roman suit les deux personnages alternativement, ce qui fait qu'on suit Eliott et ses tourments mais aussi Raphaël et ses questionnements. Eliott est journaliste en conflit avec son patron, il est doué mais ne s'épanouit pas dans son job, son petit monde va partir en sucette lorsque il va se retrouver inscrit sur le site E-Dylique de rencontre, très sélect et gay-friendly. Raphaël est chef d'une entreprise qui marche très fort, il est aisé, beau, geek à souhait et lui-aussi inscrit sur E-Dylique. Il ne se remet pas des tas de galipettes très chaudes qu'il a eu avec Eliott. Ils ne connaissent rien l'un sur l'autre sauf leur prénom car Eliott s'est enfui comme un voleur. Va commencer pour Raphaël, une recherche intensive pour retrouver Eliott qui lui a bouillir le sang.

    Une situation inconfortable, pour nos deux protagonistes, qui vont se rechercher chacun de leur côté jusqu'à Eliott décide enfin de changer de boulot et décroche le Saint-Graal dans une super entreprise -celle de Raphaël. Franchement, suivre Raphaël dans son enquête sur Eliott a été un régal pour moi, j'ai adoré tous les moyens qu'il met en œuvre parce qu'il crève d'envie de revoir l'objet de tous ses fantasmes. Et un jour, il aperçoit son Eliott  dans l’ascenseur de sa boîte et tout dérape... Mais un problème ne survenant jamais seul , l'ex d'Eliott repointe le bout de nez  et là tout part en cacahouètes....

    Suivre les tribulations d'Eliott et Raphaël a été vraiment marrant, addictif, touchant... découvrir une flopée de personnages secondaires plus qu'attachants a été un régal, l'auteure nous lie à ses personnages très vite, on a envie d'en connaitre plus sur chacun d'eux. Et quand on croit arriver au moment crucial, elle nous propulse dans un triangle amoureux. On se met à la place d'Eliott qui navigue entre deux eaux toutes aussi séduisantes l'une que l'autre, même si du point de vue du lecteur, on ne veut que Raphaël. Le cœur d'Eliott va subir une sacrée panoplie de sentiments qui vont mettre à mal son cerveau, son corps - il reste un homme tout de même - et sa tranquillité d'esprit. Il va devoir choisir, et ce choix est rude, on le sent se débattre entre deux chouettes possibilités.

    Le triangle amoureux est une situation particulière, car on prend partie forcément -sauf si l'un des protagonistes est un gros naze, ce qui n'est pas le cas ici- et on incite notre personnage à pencher vers celui qu'on aime. J'ai fondu pour Eliott et Raphaël, un peu plus pour ce dernier dont j'ai adoré la persévérance, l’acharnement dont il fait preuve pour séduire et se faire aimer. C'est un gros coup de cœur  qui se lit tout seul.... Rose Taylor

    Merci à MxMBookmark pour ce SP.

    Vous le trouverez ici : e-Dylique

       

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  • Une romance sympathique malgré le thème lourd du coma avec Ne t’arrête pas de parler de Séverine Balavoine publie en décembre 2018 chez Reines-Beaux.



    Ne t’arrête pas de parler de Le pitch : 
    Dans le coma suite à un accident, Norris assiste de loin aux va-et-vient qui rythment son quotidien. Il écoute la douce Linda chanter lorsqu'elle lui fait sa toilette, savoure les séances de kiné avec Mark - qu'il imagine sexy - et grogne (intérieurement) contre la trop volubile Hélène et son accent du sud. Côté famille, il subit les surnoms niais de sa mère et s'inquiète de la décoration que sa soeur a infligé à sa chambre d'hôpital. Quant aux visites d'Allen, elles l'apaisent et lui donnent une envie irrépressible de se réveiller pour étreindre son amant. L'amour et la volonté suffiront-ils à le ramener complètement auprès des siens ?

     

     

                                  #  #  #  #  

     

    Ne t’arrête pas de parler est une histoire singulière. Une plongée dans le coma de Norris dont nous ne connaîtrons pas les origines (ce qui n'est pas forcément indispensable) et dans son quotidien, de ses premiers souvenirs jusqu'à ... ça je vous le laisse découvrir.

    Un roman court, concis, précis et écrit presque d'une façon clinique ce qui semble tout à fait logique dans le contexte. Le lecteur devient, dès les premiers mots, le principal interlocuteur de No, le laissant  exprimer dans un unique monologue (divisé en chapitre au fil des visites de son entourage) toute la difficulté à vivre ou subir son état. La forme est assez plaisante et originale, on apprend ainsi, par ce qu'il perçoit lors de ses périodes conscientes, à connaitre sa famille, son amour, son passé. On le découvre peu à peu, en même temps que lui redécouvre la notion du souvenir ou de la représentation qu'il se fait  des autres.

    Cet aspect clinique du roman a ses points forts et ses points faibles.

    Des points forts car c'est précis et rapide, ça va à l'essentiel sans jamais avoir l'once d'une narration descriptive. On suit donc son lent réveil assez bien travaillé (si je peux me fier à ce que j'ai lu sur les témoignages post-coma) et on donne en même temps que lui une nouvelle conception à ces petites choses basiques. Ces sens qui ne sont plus que les derniers accès au monde auxquels Norris se raccroche avec logique. On réapprend comme lui à écouter et sans s'en rendre compte on écoute ses mots plus qu'on ne les lit. Le gros point fort, pour moi, est cet sorte d'hommage au monde médical et surtout celui des unités palliatives qui bien souvent doivent  se blinder tout en restant, par le biais de ce personnel aléatoire, cet unique lien qui raccroche les blessés à la vie. Cette représentation de l'attente des familles et de leur incapacité parfois à gérer le silence d'un être aimé, parti on ne sait trop où, est aussi très forte et illustre parfaitement l'attente et le désespoir du moindre signe.

    Des points faibles car à trop être clinique, le tout perd un peu d'émotion  et je n'ai  pas retrouvé  ce sentiment de désespoir profond, d'impatience et de peur panique lorsque on se retrouve enfermé dans son propre corps. C'est abordé mais Norris semble le plus souvent de bonne humeur et l'ambiance de son enfermement est un peu trop légère à mon goût. La plume sobre mais classique ne parvient pas vraiment  à me remuer les tripes et ce surtout dans la première partie. Les tentatives d'humour et de complicité  avec le lecteur sont parfois de trop et si elles ne parviennent pas vraiment à m'amuser, elles diminuent d'autant plus la portée dramatique du récit. Peut-être que pour d'autres lecteurs au contraire, cet aspect là, sera une bouffée d'air pur au milieu d'un magma étouffant.

    C'est  sa relation à l'homme qui partage sa vie, Allen, qui parvient à réveiller cette narration trop sobre et à enfin lui donner cette touche émotionnelle qui manquait au départ. L'histoire est originale, très originale même et elle est porteuse mine de rien de beaucoup d'espoir et de prise de conscience sur cette facilité qu'on a de prendre tout pour acquis. Le récit d'une fracture dans le temps et de l'impact qui se répercute violemment sur tout un petit monde,  d'un homme qui nous offre ses mots quand lui même ne vit que grâce à ceux qu'il entend chaque jour, chaque heure, chaque minute. L'histoire d'un  homme perdu qui retrouve lentement son chemin, péniblement et pour une fois que ça ne passe pas par les péripéties habituelles aboutissant évidemment au happy-end  et bien je reconnais que cela touche droit au but même si je ne parlerais pas de coup de cœur pour autant. Yop.
    Merci à Reines-Beaux pour ce sp.
                                                                        

    Ne t’arrête pas de parler de Séverine Balavoine



    Vous le trouverez ici : Ne t'arrête pas de parler

     

     

     

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  • Résumé :

    L’officier de police Milo et le pompier Daniel se fréquentent et se quittent depuis six ans, mais il semble qu’ils soient plus souvent séparés qu’ensemble. Juste au moment où leur relation atteint le point de rupture, quelqu’un entre dans leurs vies, aidant sans le savoir le couple confus à travailler sur leurs différences.

    Tomber amoureux de l’homme que Daniel a sauvé et sur lequel Milo enquête en tant que suspect potentiel dans une affaire d’incendies criminels n’est pas un moyen conventionnel pour commencer une relation, particulièrement une qui comprend un blond mystérieux qui a peur d’arrêter de fuir. Mais tous les deux comprennent que ce qui n’a pas fonctionné pour leur couple pourrait marcher dans un ménage.

    Daniel et Milo s’unissent afin de sauver Samuel, mais réalisent rapidement qu’il n’est pas le seul à être sauvé.

    Avec autant d’obstacles sur leur chemin, menaçant de détruire l’avenir qu’ils désirent, les trois hommes devront se battre pour créer un lien fort que rien ni personne ne pourrait rompre.

    Date de parution : 2015           

    Suver Samuel   -Manchester collection, tome 1-  de Nicole Colville

     

     Quand un résumé lu un peu par hasard vous pousse à vouloir découvrir un roman et que cette découverte s'avère être plus que goûteuse. Vous l'aurez compris, c'est encore une jolie découverte pour la lectrice que je suis. Cette histoire m'as fascinée.

     Ces personnages sont forts avec un caractère propre à chacun. C'est la réunion de trois hommes qui se rencontrent et qui s'aiment les uns les autres. Des parcours différents, des physiques différents et une manière d'être toute aussi différente. L'alchimie est là et fonctionne. Pas de fausse note. On ne peut que s'extasier devant la complémentarité évidente du trio. Daniel est un pompier très compétent dans on travail, gentil, fort, bordélique et un cœur qui s'ouvre facilement. Milo, lui, est un très bon policier, droit, ordonné, exigeant et plus frileux à dévoiler ses sentiments. Samuel possède une force étonnante malgré son passé sombre et douloureux. Le jeune homme a énormément souffert mais, plus que pour lui-même, il s'inquiète de ce qu'il pourrait arriver à ceux qui lui sont proches.

     Le récit prend son temps quant à la construction du ménage. Deux d'entre eux se connaissent déjà. Il est agréable de voir les sentiments entre ses trois hommes se développer les uns envers les autres. Ils apprennent à se connaitre et tombent amoureux les uns des autres. C'est si naturel et, quelque part, tellement évident que le lecteur se laisse entraîner par l'amour que partage ces hommes.

     Tout n'est pas que romance. L'intrigue de cette histoire laisse planer une ombre menaçante sur la tête de notre trio. Cette tension dramatique magnifie leur lien et nous pousse à tourner les pages pour s'assurer de l'issue finale apportée par cette ombre au tableau.

     Un roman que je suis contente d'avoir lu et qui me donne envie de découvrir le tome suivant. Surtout que celui-ci porte sur un personnage secondaire pour lequel je suis très curieuse d'en savoir plus. 

    Manon


    Vous le trouverez ici : Sauver Samuel
      

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  • La folie de ton amour d'Eve Terrellon

    « L'amour tue. » C'est ainsi que s'ouvre ce récit en forme de chronique d'un amour fou. Un amour qui éclot sur les cendres d'un autre, face au deuil, à la dépression et aux drames de la vie. Un amour pour lequel on est prêt à tout, même à se perdre. Lorsqu' Alban, jeune diplômé, s'installe sur la côte normande, louant un petit pavillon qui surplombe la falaise, il s'attend à tout sauf au rire de Cédric. Ce rire l'envoûte, le transporte et le fait basculer en un clin d’œil, l'enchaînant irrémédiablement à la piquante insolence de son beau voisin. Cédric, lui, a déjà construit sa vie avec l'énigmatique et richissime Dimitri, son ami d'enfance. Un homme perspicace s'il en est et qui ne manque pas de remarquer l'ardente admiration que nourrit Alban. De là naît une bien étrange amitié entre Dimitri et Alban, qui peu à peu trouve sa place aux côtés du couple. Il apprend à connaître Cédric son rire autant que ses failles et ne désire plus que le protéger, quitte à s'effacer pour garantir le bonheur de l'homme qu'il aime. Quand survient le pire, c'est tout naturellement sur lui que s'appuie Cédric. Mais enivré par la confiance que lui témoigne son bel ami, Alban demeure aveugle à la détresse profonde dans laquelle se noie ce dernier. Aveugle à Cédric... et aux dauphins.

    Paru chez Mix Editions le 21 juin 2018  

    *******

    Comment un rire peut-il faire basculer un vie ??? Alban, fraîchement diplômé, débarque en Normandie pour son premier boulot, emménage dans une jolie petite maison en bord -vraiment bord- d'océan et se retrouve plonger dans un amour passionné et immédiat au son du rire de Cédric sans même l'avoir vu. Mais voilà Cédric va avec Dimitri, Dimitri qui est son phare dans la nuit, sa bouée dans la tourmente. Alban se voit donc contraint d'aimer en silence, de vivre une belle amitié avec ce couple qui le lui rend bien. Les liens se tissent, Dimitri est le témoin du combat intérieur d'Alban et va même jusqu'à lui demander de veiller sur Cédric au cas où le pire lui arriverait.

    Lorsque les événements surviennent, Alban prend les choses en main et apporte à Cédric tout le soutien possible pour faire face à son immense détresse et lui redonner l'envie de vivre, le sortir de tous les sentiments sombres que l'on devine en Cédric. Le combat d'Alban contre lui-même et ses doutes, contre les autres pour protéger férocement l'objet de sa passion -en espérant la réciprocité - se vit à chaque page du livre. La lutte de Cédric est tout aussi intense - différente car elle semble moins terre à terre - il se réfugie dans son monde, ainsi que vers le large où il nage avec des dauphins l'ayant "adopté" et avec qui il croit avoir obtenu une sorte de rédemption.

    La narration à la première personne (point de vue d'Alban) m'a d'abord surprise, elle se déroule comme une conversation très intime que l'on partage, vit, met à mal parce que l'imagination en est encore plus sollicitée.J'ai été déstabilisé tout du long par l'emploi du "tu" pour parler de Cédric car ça rendait leur intimité plus présente, vivace comme une sorte de dialogue bien plus personnel qu'un journal  décuplant les sentiments.

    Dés le prologue - voir le résumé - on sent qu'on ne sortira pas indemne de cette lecture, c'est beau, la passion d'Alban nous enchaîne à ses souffrances, la détresse de Cédric nous entraîne dans ses croyances. L'appréhension nous poursuit page après page, l'émotion enfle jusqu'à nous faire craquer, j'ai versé pas mal de larmes à la lecture. Quand j'accroche à une histoire, je suis toujours un éponge à émotions, je la vis à la place des héros, ressens leurs tourments et autant dire que là, j'ai été servie. Suivre Alban et Cédric dans l’accomplissement de leur amour, dans l'affrontement du quotidien -qu'on ne peut jamais occulter- a été douloureux, triste,troublant, mais riche en une palette d'émotions qui font, de ce livre, une lecture immanquable. Rose Taylor
    Merci à Mix Editions pour ce Sp.

     


    Vous le trouverez ici : La folie de ton amour
      

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  • Hot Mustang and Co 4 de NM Mass

    Si l’amour se trouvait à tous les coins de rue, ça se saurait, non ? C’est ce que se dit Pulp du MC des Hot Mustang. Pas que sa vie actuelle lui déplaise, non, il a un bon boulot qu’il a choisi et qu’il apprécie, des frères au club qu’il considère comme sa famille, sans compter toutes ses connaissances et sa popularité. Mais il a aussi un complexe qu’il a toujours tenté de dissimuler derrière son humour, son arrogance et ses poings. Et il est persuadé que ce complexe est la raison pour laquelle il est encore seul à 38 ans. Jusqu’à une certaine soirée où il va rencontrer...

     

    *********

    Après plusieurs aventures au sein de ce MC Hot Mustang - dont je vous parlerai très vite - on s'attaque au petit dur de la bande: Pulp. Dans les volumes précédents, on a déjà un peu affaire à lui mais là on le découvre véritablement. Pulp a un méga complexe: il est petit. Et même s' il est canon, grognon, fonceur, tatoué, dingue de sa bécane, enclin à la bagarre et grande gueule, sa taille reste un sujet épineux. D'ailleurs, tous ses potes en profitent bien pour le charrier avec ça.

    Mais il a une autre facette, il est aussi Olympe au boulot, un infirmier doux, patient et adoré de tous les enfants qu'il côtoie au service pédiatrique de l'hôpital où il travaille. Sa petite vie est réglée comme une horloge entre son job, son club et les coups d'un soir qu'il enchaîne en espérant trouver la fille de ses rêves... Cette solitude le ronge de plus en plus à tel point qu'il en fait des conneries, bêtises qui l’amèneront à se remettre en question avec l'apparition d'un mystérieux motard qui le sauve d'une situation dangereuse et de son nouveau chef de service qui mène son monde à la baguette.

    Et voilà que notre petit hétéro se met à ressentir des pulsions sensuelles, sexuelles pour des mecs. Il se retrouve déstabilisé, déboussolé et se bagarrant contre son propre corps pour freiner ses attirances qui le rendent dingue. Autant dire que sa lutte intérieure est âpre, il va finir par déballer tous ses tourments à son meilleur ami en espérant obtenir des réponses. Ce qui en résulte va l'emporter comme une énorme tempête qui fera basculer sa vie.

    Ce quatrième volet de la saga des Hot Mustang est écrit un peu différemment des autres en ce qui concerne les personnages principaux. Tout au long de la lecture, on suit Pulp / Oly en conflit avec lui-même, un peu moins son partenaire. Dans les autres tomes,, il y avait une alternance plus nette, un chapitre pour l'un, puis un chapitre pour l'autre, ce qui n'est pas le cas dans celui-là. Cela n'impacte en rien l'histoire car on retrouve la même dynamique d'écriture, les sentiments forts qui en découlent sont toujours aussi intenses et addictifs.... Pulp devient donc mon second chouchou dans cette bande de motards atypiques mais addictifs. Son histoire n'est pas un long fleuve tranquille, mais elle est moins noire et difficile que celle de Wild ou de Gade et rend ce tome un peu plus léger. La façon dont l'auteure développe les sentiments entre ses protagonistes, leur dynamique sexuelle - ouah pour être chaud, c'est chaud  bouillant - m'a plu dès le début et chaque lecture ou relecture me fait le même effet. J'ai pas vraiment envie que ça s'arrête en fait .... Rose Taylor.

     

    Hot Mustang and Co 4 de NM Mass

     

    Vous le trouverez ici : Hot Mustang and co… 4

     

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  • Un roman totalement fou avec deux types déjantés qui vont redéfinir le sens du mot dialogue : Prends ma photo de Giselle Ellis paru chez Reines-Beaux en 2016

     

    Prends ma photo de Gisele Ellis Le pitch

    Aaron n’a pas la moindre idée de ce dans quoi il se fourre lorsqu’il accepte de poser pour un photographe aussi connu pour son talent que pour ses crises de colère. Il ne s’attend certainement pas à finir par travailler en tant qu’assistant de Jake pendant cinq années de frustrations, de passions, et de folies, plutôt que de se tenir devant l’objectif.

    Mais cela leur convient, jusqu’à ce que Jake réalise qu’Aaron est devenu le centre de son existence, une existence qui est menacée lorsque son assistant le quitte pour de bon afin de se mettre en couple avec quelqu’un d’autre.

     

                                                                #  #   #

     

    Une romance complètement  construite sur l'aspect décalé de ses deux protagonistes  voir même du trio amical. Une jolie plume et une très belle façon de décrire un amour caché totalement éperdu et incontrôlable, une force dans les sentiments qui couplée à l'humour ravageur du couple détonne beaucoup dans la romance.
    Un humour foireux, un humour déjanté digne des plus grands retours d'acide  qui moi je l'avoue me plait et me correspond totalement. La relation amicale qui cache un amour presque immédiat tantôt conscient tantôt ignoré est au centre du roman, seul Alison la copine, amie et ex assistante parvient à creuser un trou pour s'y  tisser une place. Deux hommes qui jonglent avec le déni, les flirts palliatifs et les rapprochements  puissants qui toujours finissent par les réunir. Ce besoin l'un de l'autre plus important que tout et que l'on cache sous le terme de complicité.  

    La plume est survoltée, débordante de délire dans ses dialogues ubuesques nous livrant des parties de ping-pong acharnées qui sont un vrai bonheur. Cette surcharge d'humour, en revanche, peut être à double tranchant car autant on en apprécie la présence autant la trouver quasi identique sur les deux héros aura tendance à plus nous focaliser sur le talent d'une auteure que sur la diversité de ses personnages. Aaron et Jake sont en effet différents dans leur comportement et pourtant identiques dans leurs échanges. Ça peut être perturbant si l'on n'est pas fan de ce type d'humour déjà et encore plus si l'on est habitue à la schématique des contraires ou des opposés.

    Tout dans ce roman est poussé à son maximum, l'humour, la passion, la douleur, et ce, dès le départ ce qui donne un rythme très fort presque trop fort. On est dans le paroxysme  des sentiments chez deux garçons limites puérils et pourtant très intenses. Deux garçons auxquels  on s'attache de suite par cette fragilité cachée sous le non conformisme d' Aaron  (ou comment percevoir le mot débile d'une façon bien plus sensuelle que d’ordinaire) et un certain côté antisocial pour Jake (le genre que t'as vraiment envie de rééduquer, tu vois, à coup de méthodes plus ou moins orthodoxes). Si on aime l’exubérance on va adorer, si on aime la parcimonie on va trouver ça surjoué (et ce serait bien dommage m'enfin bref!).
    Un gros plus pour la Jiminy Cricket du bouquin miss Alison la fille géniale dont on tomberait amoureux comme d'un rien, qui arrive à les supporter et à les aimer malgré leur aveuglement consternant!

    Quand la situation dérape c'est un autre aspect plus dramatique et non moins fort en qualité du texte qui apparaît et nous séduit d'une autre manière mais avec toujours ces sentiments tellement  écorchés et tellement à vif ! La trame est simple, presqu'en huis clos et toujours essentiellement portée sur les deux hommes et le peu de personne qui les entoure ( même l'ex d'Aaron est choupinet en fait ).
    On finit sur un gros épisode de chaleur (le truc à déshydrater un banc de moules polluées) qui vient couronner une histoire courte, hilarante et vraiment  très agréable à lire et qui va me pousser a investir dans la version papier à coup sûr (ça c'est genre, ça veut dire j'ai bavé en rigolant tout le long, tu vois ! ) Yop.
    Merci à Reines-Beaux pour ce SP d'enfer!!

    Citation: Avant Aaron, ces murs étaient si proches de Jake qu'il lui suffisait de tendre les bras pour toucher les quatre cloisons massives qui matérialisaient sa cage. Maintenant qu'Aaron y avait creusé un tunnel, créant une voie de secours, Jake avait découvert qu'il y avait un soleil et des étoiles et de l'air frais autour de lui. Certains jours, il ne pouvait même plus distinguer les murs tant Aaron les avait repoussé loin. A cause d'Aaron, il pouvait étirer ses bras et les faire tourner et tourner comme une toupie et ne jamais toucher autre chose que la vie et la chaleur.
                                                                          

                                                          Prends ma photo de Gisele Ellis

     

     

    Vous le trouverez ici : Prends ma photo
     
     

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  •  Premier coup d'essai réussi pour cette incursion de Marie HJ dans le mm avec son With Love -Vadim sorti début Novembre 2018. J'annonce clairement que j'ai adoré mais que je vais mettre aussi des "mais" mais que quand même j'ai beaucoup aimé ...vous voyez déjà l'allure de la chronique !


    With Love- Tome 1 Vadim de Marie HJLe pitch :

    Identité : Adam Paxali
    Surnom officiel : Pax
    Surnom secondaire, mais non moins officiel : Dieu du pieu (ça rime)
    Profession : Journaliste d’investigation pour le canard En Immersion.
    Spécialité : M’immerger (ça tombe assez bien, remarquez)
    Mission pour les six mois à venir : Enquêter sur les retombées du mariage gay… Pénétrer un club homosexuel. M’enfoncer profondément dans le milieu. Caresser le mode de vie des protagonistes. Défoncer leurs barrières et pondre un article orgasmique.
    Problème majeur à l’horizon : Un russe nommé Vadim. Lui n’était pas prévu au programme. Je ne comprends pas cette attirance, mais une chose est certaine… ça va tout compliquer… 
    Armes massives du dit problème : Ses yeux, son accent, son sourire… mais aussi sa tendresse, sa douceur… Il me semblait moins « dangereux » que ses potes… Il s’avère qu’il l’est beaucoup plus…
    Moyen de défense activé : Aucun, je n’ai rien vu venir. 
    Suite présumée des événements : Je ne préfère pas le savoir...

     

    Si vous avez capté l'originalité du résumé vous avez déjà un sérieux avant goût du contenu qui est du même acabit : c'est à dire surprenant, drôle, chaud et en même temps novateur d'une certaine façon !
    With Love est un roman qui se lit d'une traite, c'est une excellente romance mm qui check quasiment toutes les attentes qu'on pourrait avoir de ce genre de livre. C'est fin tout en étant parfois très cru sans jamais tomber pourtant dans le vulgaire (en tout cas pas dans ma définition de celui-ci), une écriture plurielle qui sait jongler avec les mots et les émotions pour chaque situation, qui sait s'adapter à l'instant T du récit et lui apporter la touche d'humour, de tendresse ou de profondeur nécessaire sans jamais perdre la constance de son style ultra-dynamique. On ne craint pas l’excès d'humour car il est parfaitement dosé, encore moins celui de la tendresse, de la peur et de bien d'autres émotions. 

    On a clairement affaire à une auteure qui sait manier son rythme et le distiller toujours à bon escient, certaines fins de chapitres sont un pur bonheur et ça fait un bien fou de se préparer mentalement à passer une nuit blanche car, faible mmiste, c'est ce que tu vas faire crois moi ! Certaines vannes et trouvailles sont juste hyper actuelles y compris dans cet espèce de regard cliché qu'elles posent sur le monde gay !
    La narration percutante sait s'adapter à chaque personnage pour leur donner une vraie personnalité, que ce soit dans l'humour débridé d'Adam et de ses joutes avec sa collègue de travail, l'humour plus cliché mais tout aussi appréciable (et oui je le dis, des fois savoir utiliser le cliché avec talent ça s’apprécie) de Jo le colloc de Vadim. Marie HJ aborde un sujet plus que d’actualité par sa trame de base, le mariage pour tous et l'homophobie recrudescente, chez nous comme ailleurs, à travers l’enquête d'Adam, journaliste d'investigation, qui provoquera sa rencontre avec Vadim.

    Les personnages sont à la fois emblématiques du mm et à la fois assez particuliers, on a une histoire basée sur un GFY agréable avec l'image du pur hétéro obsédé par tout ce qui est nibard. Mais en parallèle, ce même type est d'un humour tout aussi fin que salace et à la,recherche d'une certaine stabilité au milieu d'une vie amoureuse chaotique. Un profond besoin d'échange et de partage se fait ressentir sans qu'il puisse trouver la solution à ce besoin ni mettre les mots sur son malaise. Adam se révèle très vite etre quelqu'un de tendre mais aussi  tenace, assez pour etre celui qui va chercher l'autre malgré ses peurs.
    L'approche psychologique de Vadim et de ses travers amoureux est aussi subtile que persuasive, comme ceux d'Adam, son mec super-hétéro boosté à l'égo sexuel. Les questions et les révélations sont justes, sont douloureuses et désespérées sans jamais devenir poussives pour le jeune russe. Sa douceur évidente émane d'une masculinité assumée, d'un homo qui est un homme et pas une psyché fantasmée de gay en souffrance. Cet homme sensible vit sa rupture comme tout être, homme ou femme, dévasté par la trahison mais rassuré par la résilience des sentiments qui donnent l'impression que le souvenir vous raccroche à ce que vous avez perdu. 

    Vadim était à deux doigts d'y être, le bonheur, le couple, la vie à deux pépère loin de cette recherche perpétuelle de l'autre, de l’âme sœur. Anéanti par l’échec de son rêve, il croise Adam . Une rencontre simple dans un bar gay qui, sous couvert d'immersion, va les plonger dans une histoire d'amour moins naïve qu'elle n'y parait, dans une quête de l'autre  et de la maîtrise de ses peurs. Adam découvre un univers en même temps qu'un homme et surtout qu'un amour qu'il n'espérait même plus.Un monde nouveau qui s'ouvre pour deux hommes persuadés d'avoir déjà pris la bonne route avant de découvrir un nouveau sentier beaucoup plus passionnel. Vadim découvre que la trahison soulève parfois des problèmes bien plus personnels que celui d'avoir été lésé et que se remettre en question n'est pas toujours évident.
    On assiste surtout a une très belle histoire d'amour faite de patience, de découverte et de petits pas torrides, une histoire qui taille un  peu le costard à certains clichés tout en restant pourtant parfaitement dans les clous avec les codes romantiques. L'auteure crée un bel ensemble de personnages secondaires qui n'en sont plus vraiment tant on leur devine vite un avenir dans les tomes suivants. On a l'icone du pote gay efféminé, fan de bear, la pote de travail et de rime lesbienne qui m'a l'air totalement badass et quelques autres placés ça et là avec intelligence. Chacun d'eux permettant de mettre un peu plus nos deux héros sous des lumières différentes,  et abordant également, sous couvert d'un sujet politique et social, ce questionnement sur l'image de la création d'un foyer, l'obtention d'un ciment qui serait le garant d'une histoire durable et affirmée par le schéma familial traditionnel 1+1= enfant.

    Abordons le chapitre des mais !
    Mon premier "mais" arrive car si je veux bien observer effectivement des différences entre les couples gay ou hétéro, baser l'édifice d'un couple, son avenir, sa fiabilité, le réduire à une espérance de vie liée à la présence d'enfant ou de mariage me semble en revanche un peu houleux (même si je suis sure que l'argumentaire a sa raison d’être et qu'il est interpellant, je ne le pense pas systémique). Les mariages hétéro aujourd'hui ne durent pas plus avec ou sans enfants (ou avec bien peu de différence dans le temps).Les piliers de notre chère France (travail, famille , patrie ) se cassent un peu la figure depuis quelques années déjà mais c'est un autre débat).  La théorie sur le sens de la fidélité n'est pas forcement propre au genre du couple mais bel et bien aux personnes et leur éducation  et parfois plus souvent leur libre arbitre ou leurs pulsions et bien des couples hétéros sans enfants ont eu aussi ce questionnement et cette impression d’être hors normes, sont ils moins fidèles pour autant?

    Second "mais" : si l'histoire est d'une séduction terrible  par l'alchimie des deux hommes, il y a une légère surabondance de sexe  (oui je sais moi, j’écris ça j'en crois pas mes yeux moi-même ) pas forcement nécessaire à l'essor du récit. Elle rend pour le coup l'approche d'Adam d'une sexualité inconnue plutôt facile même si encore une fois les choses sont faites pour que ça passe toujours bien (on a pas non plus un jeune bleu du sexe qui tombe dans la megaperformance gay). La sensualité est un des points forts de ce roman, on ne va pas le nier, et elle est encore plus forte tant elle est construite plus sur les sentiments que sur l'attraction pure. 
    Un autre "mais" serait l'absence de cette enquête d'immersion poussée dont on n'aura pas au bout du compte les développements. Peu d'intervention de ce monde gay concerné par le mariage si ce n'est par la présence de la meilleure amie lesbienne mais c'est trop léger à mon goût et c'est vraiment dommage. Son poste de journaliste, le but même de son enquête étant une des ficelles tactiques du scénario,  le développer vraiment aurait été un pari très tentant. 

    Abordons enfin le chapitre du "mais" du "mais" :
    Avec une vision du couple plus profonde qu'il n'y parait, tout ça empaqueté dans un univers gay aussi bien estampillé clubbeur que normalisé par la vie commune rangée, ce roman a vraiment su dégager une ambiance toute personnelle. Si je lui trouve des "mais", l’honnêteté me pousse à crier haut et fort que ceux-ci, on s'en cogne royalement car je n'attends pas après une romance pour m'informer d'un événement sociologique, politique ou culturel, j'ai bien d'autres cercles littéraires pour combler ce besoin d'informations et le trouver d'une façon plus sérieuse et poussée.
    Il y a aussi le "mais" qui pourrait concerner une couverture qui en librairie n'aurait pas forcement accroché mon regard, quand sa quatrième en revanche annonçait à elle seule la très bonne surprise qu'on allait y trouver dans les lignes.

    Et pour finir, allergiques au manque de variété lexicale fermez vos douces paupières, car je vais citer toutes une série de mots à bannir des chroniques d'aujourd'hui (je vous épargnerai la fluidité car le style ne mérite quand même pas ça !)
    Ce bouquin est une réussite aussi bien dans ses défauts parfaitement contrôlés que dans ses qualités et son originalité, il a le mérite de mettre en avant le choix amoureux des personnes plutôt que celui des genres, de nous faire rire dans une actualité pas toujours drôle à vivre et de prouver qu'un auteure M/F peut encore me surprendre ! Yop

    C'est parti !!! 
    #pépite #coupdecoeur #jaiadoré #regalezvous #cestpasparfaitmaisonsencogne #lirecarimeavecplaisir

    Merci Marie HJ pour ce sp, on attend avec impatience l'histoire de Jo!!

     

    With Love- Tome 1 Vadim de Marie HJ

     
     
     
     
    Vous le trouverez ici :With Love
     

     

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